Faut-il continuer à autoriser une part de voitures neuves à moteur thermique ou hybrides après 2035 ?
· Environnement et énergie
La France et l'Allemagne ont trouvé un compromis pour assouplir l'objectif européen de 2035, qui revient à n'autoriser que des voitures neuves sans émission de CO2.
Le contexte
Paris et Berlin ont conclu un compromis sur l'avenir de l'automobile européenne, annoncé le 16 octobre en marge d'une réunion des dirigeants de l'Union européenne à Bruxelles, rapporte Euronews. Il vise à assouplir l'interdiction de fait des voitures neuves à moteur thermique prévue à partir de 2035.
Selon un document consulté par l'AFP et repris par L'info durable, les constructeurs devraient réduire de 90 % les émissions moyennes de leurs voitures neuves en 2035, sans avoir à compenser les 10 % restants. Le texte justifie cette concession par l'utilisation croissante de carburants dits « renouvelables », dont les biocarburants. La règle actuelle vise une baisse de 100 %, et la Commission avait proposé en décembre 2025 un objectif de 90 % assorti d'une compensation, selon Euronews.
En échange, l'accord prévoit une préférence européenne resserrée à partir de 2028, qui obligerait les entreprises recevant des fonds publics à s'approvisionner en composants fabriqués dans l'Union ou chez des partenaires proches comme le Royaume-Uni, la Norvège ou la Suisse, selon l'AFP.
Ce qui reste à décider
Le compromis doit encore obtenir le feu vert du SPD, parti membre de la coalition allemande, selon l'AFP. Il devra ensuite convaincre les autres États membres et le Parlement européen, qui doit se prononcer le 23 novembre sur la proposition de la Commission, selon Euronews. Début octobre, l'Espagne restait fermement opposée à tout recul sur 2035, d'après Les Énergies renouvelables.
Les arguments pour
- Beaucoup de ménages jugent encore la voiture électrique trop chère Malgré des ventes en hausse de 74,2 % en France sur les huit premiers mois de 2026 selon l'ACEA, l'électrique est encore perçu par une large partie des ménages comme un produit premium, trop coûteux à l'achat, relève Les Énergies renouvelables.
- Les constructeurs européens réclament du temps face à la concurrence chinoise Concurrencés par les constructeurs chinois, les industriels européens demandent du délai pour amortir leurs investissements dans l'électrique et baisser leurs coûts de production, selon Les Énergies renouvelables.
Les arguments contre
- Assouplir en pleine course à l'électrification serait contre-productif Neil Makaroff, spécialiste de la transition écologique au groupe de réflexion Strategic Perspectives, estime que l'assouplissement risque d'être « une mesure contre-productive » au moment où « la course à l'électrification bat son plein », rapporte l'AFP.
- Les hybrides chinois échappent aux droits de douane européens Les hybrides rechargeables ne sont pas soumis aux droits de douane européens visant les voitures électriques chinoises, et BYD est déjà devenu en 2026 le deuxième vendeur de ce type de véhicule en France, note Les Énergies renouvelables. L'assouplissement envisagé leur réserverait un traitement plus favorable que prévu.
- L'incertitude réglementaire freine déjà les achats Un ménage qui envisage d'acheter une voiture neuve entre 2028 et 2030 ne peut pas savoir si les modèles thermiques ou hybrides seront encore commercialisables. « L'incertitude réglementaire est aujourd'hui le principal frein à la décision d'achat », souligne Les Énergies renouvelables.
Sources
- Automobile : la France et l'Allemagne s'accordent sur l'avenir d'une industrie « Made in Europe », Euronews (2026)
- La France et l'Allemagne s'entendent sur l'avenir de l'industrie automobile, L'info durable (AFP) (2026)
- Fin du thermique en 2035 : la France change de camp et négocie un assouplissement avec l'Allemagne, Les Énergies renouvelables (2026)
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