Approuvez-vous que Vinted supprime de sa propre initiative les annonces susceptibles de concerner des biens pillés ?
· Économie et consommation
Après les pillages du week-end des 17 et 18 octobre, Vinted affirme avoir supprimé dès le week-end les annonces « susceptibles de concerner des biens volés » et prévient que les comptes en infraction peuvent être bannis définitivement.
Le contexte
Après les pillages de commerces du week-end des 17 et 18 octobre, Vinted dit appliquer « une tolérance zéro ». Selon la plateforme, ses équipes ont agi dès le week-end pour « identifier et supprimer les annonces susceptibles de concerner des biens volés », renforcé le contrôle des annonces suspectes et peuvent bannir définitivement les comptes en infraction. Elle affirme collaborer avec les forces de l'ordre françaises, sans préciser l'ampleur du phénomène.
eBay ne peut pas confirmer, « à ce stade », une hausse des annonces liées aux vols du week-end. Le site dit utiliser des outils technologiques proactifs, des contrôles manuels et l'examen des signalements, et met un portail dédié à la disposition des forces de l'ordre. Leboncoin n'avait pas réagi au moment de la publication de la dépêche AFP, le 19 octobre.
Les demandes des responsables politiques
Lors d'une conférence de presse le 19 octobre, Jordan Bardella a réclamé une coopération accrue entre l'État et « les plateformes de type Vinted, Ebay, Leboncoin et autres » pour repérer ceux qui revendent des biens pillés : « Les Français ne tolèreront pas que des prédateurs s'enrichissent sur le dos de la communauté nationale ». Gabriel Attal a formulé la même demande sur RTL, en évoquant du matériel informatique qui peut être géolocalisé et les nombreuses vidéos de jeunes exhibant des biens volés sur les réseaux sociaux.
Le 19 octobre à la mi-journée, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé qu'un communiqué serait publié sur le sujet, et la ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, travaille sur des réponses. Le gouvernement compte au moins 3 000 commerces touchés par des dégradations ou des pillages.
Des vidéos montrant des objets dérobés circulent largement sur les réseaux sociaux, et la question posée aux sites de seconde main est leur capacité à faire le tri entre bonnes affaires et marchandise volée. Vinted ne précise pas l'ampleur du phénomène, eBay ne confirme pas de hausse et Leboncoin n'avait pas répondu.
Les arguments pour
- Supprimer les annonces coupe le débouché des pilleurs Des vidéos d'objets dérobés circulent largement sur les réseaux, et les responsables politiques veulent empêcher que des pilleurs s'enrichissent. Retirer vite les annonces suspectes ferme un débouché aux objets volés dans les magasins.
- Vinted dit collaborer avec la police et bannir les comptes, ce qui aide les enquêteurs Vinted dit renforcer le contrôle des annonces suspectes, bannir définitivement les comptes en infraction et collaborer avec les forces de l'ordre. Les responsables politiques réclament justement cette coopération pour identifier les revendeurs.
Les arguments contre
- Rien ne prouve qu'une vague d'objets pillés inonde les sites de revente eBay ne peut pas confirmer de hausse des annonces liées aux vols du week-end, et Vinted ne précise pas l'ampleur du phénomène. Supprimer des annonces « susceptibles » de concerner des biens volés, sans chiffre, signifie trancher sans preuve.
- Un vendeur honnête peut voir son annonce supprimée et son compte banni définitivement Vinted parle d'annonces « susceptibles » de concerner des biens volés et de bannissement définitif. Elle n'explique pas comment elle fait le tri entre bonnes affaires et marchandise volée, question posée par l'AFP ; un vendeur de bonne foi peut donc être touché.
- Identifier des receleurs est le travail de la police, pas celui d'une entreprise privée Les responsables politiques demandent une coopération entre l'État et les plateformes pour identifier les revendeurs. Une plateforme qui supprime et bannit de son propre chef se substitue aux enquêteurs, sans les garanties d'une procédure judiciaire, alors que le gouvernement disait encore, le 19 octobre à la mi-journée, travailler à ses réponses.
Sources
- Pillages : Bardella demande aux plateformes de revente en ligne de coopérer avec les enquêteurs, Orange Actualités (AFP) (2026)
- Pillages : Bardella demande aux plateformes de revente en ligne de coopérer avec les enquêteurs, La Gazette France (AFP) (2026)
- Vinted, eBay et Leboncoin sous pression après les pillages du week-end, Le Singulier (AFP) (2026)
- En direct - Violences urbaines : Sébastien Lecornu annonce avoir demandé aux préfets de « déclencher un certain nombre de couvre-feux », Europe 1 (2026)
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