Approuvez-vous la condamnation du patron de la Coordination rurale pour avoir appelé à « faire la peau » aux écolos ?
· Justice et sécurité
Le tribunal correctionnel d'Auch a condamné le 15 octobre Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, à 15 000 euros d'amende, dont 10 000 avec sursis, pour provocation publique à commettre un crime ou un délit.
Le contexte
« Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau. » Bertrand Venteau a lancé cette phrase sous les applaudissements, le 19 novembre 2025, au congrès qui l'a porté à la tête de la Coordination rurale, le deuxième syndicat agricole français.
Le 15 octobre, le tribunal correctionnel d'Auch, dans le Gers, l'a condamné pour « provocation publique et directe non suivie d'effet à commettre un crime ou un délit » : 15 000 euros d'amende, dont 10 000 avec sursis, et 1 500 euros à verser à France nature environnement pour ses frais de procédure. Pour le tribunal, les propos étaient publics, puisque l'assemblée était ouverte, notamment à la presse. Le parquet avait requis 30 000 euros d'amende avec sursis.
Ce qu'a plaidé la défense
À l'audience du 3 septembre, Bertrand Venteau a parlé d'une phrase « purement politique », prononcée selon lui dans un cadre privé, et d'un « débat d'idées ». Son avocate a demandé la relaxe en invoquant une « métaphore ». Après le jugement, il a annoncé à l'AFP qu'il ferait appel. Il dit n'avoir « aucun regret » et promet de continuer à combattre « l'écologie punitive ».
Un climat tendu
Selon FNE, des locaux de plusieurs associations membres, en Charente-Maritime, dans l'Indre et en Limousin, ont été visés par de nombreux faits de violence après ces déclarations. Le jour du procès, plus de 200 adhérents de la Coordination rurale s'étaient rassemblés devant le tribunal avec des tracteurs, et des militants écologistes ont reçu des œufs et des pétards, rapporte La Gazette France.
Les arguments pour
- Le chef d'un grand syndicat ne peut pas appeler à « faire la peau » de ses adversaires La phrase a été prononcée devant des centaines d'adhérents qui applaudissaient, dans une salle ouverte à la presse. Venant du président du deuxième syndicat agricole, elle peut être prise au pied de la lettre. Selon FNE, des locaux de ses associations ont ensuite été visés par des violences.
- Laisser passer ces mots banaliserait l'intimidation des militants écologistes Les associations parties civiles dénoncent un climat d'intimidation et un dialogue dégradé avec le syndicat. Le jour même de l'audience, des militants écologistes ont été visés par des œufs et des pétards devant le tribunal.
Les arguments contre
- Une formule de tribune syndicale, pas un véritable appel à la violence La défense a plaidé une « métaphore » et un « débat d'idées » : dans la bouche d'un syndicaliste, « faire la peau » signifierait combattre politiquement. Juger pénalement un discours de congrès peut dissuader d'autres responsables de parler franchement.
- Une condamnation qui risque de durcir le conflit au lieu de l'apaiser Bertrand Venteau fait appel, dit n'avoir « aucun regret » et promet de continuer le combat contre « l'écologie punitive ». Plus de 200 adhérents s'étaient mobilisés avec des tracteurs devant le tribunal : la procédure a renforcé la mobilisation plutôt que de la calmer.
Sources
- Bertrand Venteau (Coordination rurale) condamné pour « provocation publique » envers les écologistes, Sud Radio (AFP) (2026)
- « Faire la peau aux écolos » : un débat d'idées, plaide le patron de la CR, La Gazette France (2026)
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