Seriez-vous favorable à une usine du constructeur chinois BYD en France ?

· Économie et consommation

Au Mondial de l'auto, le 12 octobre, une dirigeante de BYD a indiqué que la France figurait sur la liste restreinte pour une nouvelle usine du groupe.

Gros plan sur le logo doré BYD à l'arrière d'une voiture blanche.
Photo : Ido l / Unsplash (licence Unsplash), recadrée

Le contexte

« La France est dans la shortlist. » Lundi 12 octobre, jour d'ouverture du Mondial de l'automobile de Paris, Stella Li, vice-présidente exécutive de BYD, a confirmé sur BFM Business que le constructeur chinois regardait « de très près » la possibilité d'installer une usine en France.

Rien n'est décidé. BYD doit ouvrir d'ici la fin de l'année une usine en Hongrie et veut « une deuxième et une troisième usine en Europe ». Selon Economie Matin, la France serait en concurrence avec l'Espagne, l'Italie et la Pologne. « Je veux que les gens en France se disent que BYD, c'est une entreprise française », a ajouté Stella Li.

Des hybrides chinoises sous quota

L'annonce tombe juste après l'accord entre Bruxelles et Pékin pour limiter à 350 000 par an les voitures hybrides chinoises importées dans l'Union européenne, alors que ces exportations devaient atteindre environ 800 000 véhicules en 2026, d'après L'info durable. Stella Li dit regretter les droits de douane européens. Economie Matin relie l'intérêt de BYD pour une usine européenne à ce nouvel accord.

Côté français, aucune réaction officielle n'a été rapportée. Les syndicats attendent de connaître les conditions proposées, et une usine BYD accentuerait la concurrence pour Renault, Stellantis et Volkswagen, souligne Economie Matin. Stellantis, qui présente au même salon une 2CV électrique, a vu son action reculer de 58 % depuis janvier, selon Rekto.

Les arguments pour

  • Des emplois industriels en France plutôt qu'en Espagne ou en Pologne BYD cherche deux nouveaux sites en Europe et la France n'est qu'une candidate parmi d'autres. Si ces voitures sont de toute façon vendues sur le marché européen, mieux vaut qu'elles soient assemblées par des salariés français que dans un pays voisin.
  • Une usine sur place permet de négocier les conditions, pas des importations Avec le plafond européen sur les hybrides chinoises, produire en Europe devient la voie la plus simple pour BYD. Une implantation en France donnerait à l'État et aux syndicats un levier sur les salaires, les fournisseurs locaux et les investissements, ce que des voitures arrivant par bateau ne permettent pas.

Les arguments contre

  • Un rival de plus pour Renault et Stellantis, déjà en difficulté Economie Matin souligne qu'une usine BYD accentuerait la concurrence pour les constructeurs installés en France. Stellantis a vu son action perdre 58 % depuis janvier, selon Rekto. Faciliter l'arrivée d'un concurrent chinois pourrait coûter des emplois chez ceux qui produisent déjà ici.
  • Des emplois français suspendus aux choix d'un groupe chinois L'Europe vient de négocier avec Pékin pour freiner l'arrivée des hybrides chinoises. Accueillir une usine de BYD rendrait des emplois français dépendants de décisions prises en Chine, au moment où l'Union cherche justement à limiter le poids des constructeurs chinois sur son marché.

Sources

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