L'Union européenne doit-elle pouvoir couper l'accès de la Chine à son marché en cas de graves perturbations commerciales ?

· Europe et international

La Commission européenne prépare un instrument capable de couper l'accès de la Chine au marché européen, et Pékin menace de contre-mesures s'il est adopté.

Vue aérienne d'un parc de conteneurs colorés empilés le long d'allées.
CHUTTERSNAP / Unsplash (licence Unsplash), recadrage 3:4

Le contexte

Bruxelles travaille à un outil de défense commerciale surnommé « coupe-circuit ». Selon Euronews, il pourrait couper l'accès de la Chine au marché de l'Union européenne en cas de graves perturbations causées par des politiques commerciales jugées agressives. Présenté comme neutre, il viserait directement les intérêts chinois. La France et l'Allemagne ont poussé début octobre pour sa création, et le commissaire Maroš Šefčovič a indiqué aux eurodéputés qu'il devrait être présenté d'ici la fin de l'année.

L'ambassadeur de Chine auprès de l'UE, Cai Run, a prévenu que si l'Union adopte des mesures restrictives et discriminatoires, « la Chine devra prendre des contre-mesures afin de défendre fermement ses intérêts ».

L'Union a enregistré en 2025 un déficit commercial record de 360 milliards d'euros avec la Chine, et chaque État membre est désormais en déficit avec Pékin. En juillet, Ursula von der Leyen dénonçait la surcapacité d'exportations chinoises à bas coût et le recours massif aux subventions publiques. Les dirigeants européens ont déjà demandé à la Commission des quotas et des droits de douane sur les importations chinoises de produits chimiques et de machines.

Le 9 octobre, la Commission a conclu un accord pour freiner l'arrivée de voitures hybrides chinoises, et espère reproduire ce type d'accord dans d'autres secteurs. L'UE dispose déjà d'un instrument anti-coercition, qui n'avait encore jamais été utilisé en juillet, selon Euronews.

Les arguments pour

  • Le déficit commercial avec la Chine atteint un niveau record L'Union a affiché en 2025 un déficit de 360 milliards d'euros avec la Chine, et tous les États membres sont en déficit avec Pékin. La Commission impose déjà des droits supplémentaires quand ses enquêtes concluent à des prix déloyaux ou à des subventions.
  • Un levier de plus dans les négociations avec Pékin En octobre, la Commission a conclu un accord pour freiner l'arrivée de voitures hybrides chinoises, et espère en conclure d'autres sur ce modèle. Un outil capable de fermer le marché pourrait peser dans ces discussions.

Les arguments contre

  • Pékin promet des représailles contre l'Union L'ambassadeur Cai Run a promis des contre-mesures si l'UE adopte des mesures jugées discriminatoires. Un tel outil risque d'ouvrir une escalade commerciale entre les deux puissances.
  • L'UE n'a pas utilisé l'arme commerciale dont elle dispose déjà L'Union possède un instrument anti-coercition, qui n'avait encore jamais servi en juillet, rappelait Euronews. Un nouvel outil pourrait rester tout aussi théorique.

Sources

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