L'Union européenne doit-elle inscrire les Houthis du Yémen sur sa liste des organisations terroristes ?
· Europe et international
La ministre yéménite des Affaires étrangères a de nouveau demandé à Paris, début novembre, que l'Union européenne inscrive les Houthis sur sa liste terroriste, une requête soutenue par le Parlement européen le 22 octobre.
Le contexte
Depuis octobre 2023, les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont attaqué des navires marchands en mer Rouge. De nombreux transporteurs ont dû contourner l'Afrique. Selon la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, la prise du port de Mocha, de l'île de Périm et des îles Hanish a donné au mouvement « un poids accru » sur le détroit de Bab el-Mandeb.
En visite à Paris début novembre, la ministre yéménite des Affaires étrangères, Afrah Al-Zouba, a réitéré sa demande : inscrire les Houthis sur la liste terroriste de l'UE et geler leurs avoirs. Le Parlement européen a soutenu cette requête le 22 octobre 2026, et Kaja Kallas avait déjà évoqué cette hypothèse.
L'unanimité des Vingt-Sept exigée
L'inscription d'un groupe sur la liste antiterroriste de l'UE, qui compte 14 personnes et 23 entités, exige l'unanimité des 27 États membres, et ceux-ci sont divisés, selon Sud Radio. La demande vise l'ensemble du mouvement, aile politique comprise. Certains pays craignent une escalade en mer Rouge, alors que les Houthis ont assuré à Bruxelles qu'ils ne viseraient pas les bateaux européens.
Les Houthis font déjà l'objet de sanctions de l'ONU, et l'UE a gelé les avoirs de plusieurs de leurs dirigeants et entités liées, et interdit ces dirigeants de séjour sur son sol. La France participe à l'opération navale européenne Aspides, qui protège le trafic en mer Rouge, avec une frégate.
Les arguments pour
- Une inscription permettrait de geler leurs avoirs et de s'attaquer à leurs financements Une désignation terroriste vise à geler les avoirs du mouvement et à couper ses sources de financement, selon la RTBF à propos de la désignation américaine de 2024. Le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale fait campagne pour ce gel auprès des Européens.
- Les Houthis pèsent davantage sur le passage de la mer Rouge Leurs attaques ont poussé de nombreux transporteurs à faire le tour de l'Afrique, avec des trajets plus longs. Depuis la prise de Mocha, Périm et des îles Hanish, ils ont gagné « un poids accru » sur le détroit de Bab el-Mandeb, selon Kaja Kallas. Une inscription ajouterait une pression financière européenne à la présence navale.
Les arguments contre
- Une inscription pourrait exposer les navires européens à de nouvelles attaques Les Houthis ont assuré à Bruxelles qu'ils ne viseraient pas les bateaux européens. Certains Européens craignent qu'une inscription soit perçue comme une escalade, au risque de rompre cet engagement, alors que la France a une frégate sur place.
- La population yéménite, qui vit de l'aide internationale, en paierait le prix En 2024, les deux tiers des quelque 30 millions de Yéménites dépendaient de l'aide internationale, selon la RTBF. Lors de la désignation américaine, la directrice de CARE au Yémen craignait des retards dans le financement, la logistique et les opérations, car les sanctions touchent aussi les banques et les commerçants avec qui travaillent les humanitaires.
Sources
- Pourquoi les Houthis ne sont toujours pas inscrits sur la liste terroriste de l'UE, Sud Radio (2026)
- Mer Rouge : Londres accorde un soutien militaire à Riyad tandis que l'Union européenne veut renforcer l'opération Aspides, Zone Militaire (opex360) (2026)
- Les Houthis classés « terroristes » : quelles implications pour le Yémen ?, RTBF (2024)
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