Les coureurs ont-ils eu raison de bloquer le départ du Tour de Lombardie pour leur sécurité ?

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Le 10 octobre, le peloton du Tour de Lombardie est resté immobile cinq minutes sur la ligne de départ pour réclamer plus de sécurité face aux véhicules sur les parcours.

Groupe de coureurs cyclistes casqués lancés à pleine vitesse dans une course sur route.
Quino Al / Unsplash, licence Unsplash, Málaga (Espagne), recadrage 3:4

Le contexte

Le 10 octobre à Bergame, au départ du Tour de Lombardie, dernière grande classique de la saison, les coureurs sont restés cinq minutes immobiles sur la ligne. Remco Evenepoel a pris le micro au nom du peloton : « Il y a trop d'incidents impliquant des véhicules. » Le public a applaudi, puis la course est partie. Le Français Paul Seixas, 20 ans, l'a remportée en solitaire.

La colère couvait depuis l'été. En août, le Britannique Finlay Tarling, 19 ans, est mort pendant le Tour du Portugal dans un accident de même type, rappelle le communiqué des coureurs. Quelques jours avant la Lombardie, lors des Trois Vallées Varésines, deux coureurs de l'équipe Pinarello-Q36.5 ont été percutés par un motard de la police qui roulait à contresens.

Ce que réclame le peloton

Dans un texte partagé par plusieurs d'entre eux, dont Tom Pidcock, les coureurs demandent des mesures pour mieux sécuriser les parcours et un dialogue « sérieux et ouvert » avec les organisateurs et l'Union cycliste internationale (UCI). « Nous demandons à l'UCI et aux organisateurs de prendre leurs responsabilités et d'agir », écrivent-ils, sans détailler de mesures précises.

L'organisateur de la course, RCS Sport, a de son côté appelé tous les usagers de la route à un comportement responsable et au respect mutuel. Selon Orange Sports, la demande des coureurs n'a pas reçu le même accueil que ce message général.

Les arguments pour

  • Un coureur de 19 ans est mort et les accidents avec des véhicules continuent Finlay Tarling est mort cet été au Tour du Portugal dans un accident impliquant un véhicule. Dans la semaine précédant la Lombardie, deux coureurs ont encore été percutés par une moto qui roulait à contresens sur le parcours. « Nous ne pouvons plus accepter que des coureurs soient blessés ou perdent la vie », a lancé Remco Evenepoel.
  • Seul un geste visible peut pousser l'UCI et les organisateurs à agir Les coureurs demandent à l'UCI et aux organisateurs de « prendre leurs responsabilités ». Arrêter le départ d'une course aussi suivie que la Lombardie donne à cette demande un écho qu'un simple communiqué n'aurait pas, d'autant que l'organisateur a répondu par un appel général à la prudence des usagers de la route.
  • Une protestation courte qui n'a pas gâché la course Le départ n'a été retardé que de cinq minutes, le public a applaudi le discours d'Evenepoel et la course s'est ensuite déroulée normalement. Les coureurs ont dit ne pas vouloir perturber l'épreuve.

Les arguments contre

  • Les véhicules en cause échappent souvent aux organisateurs Lors des Trois Vallées Varésines, c'est un motard de la police qui roulait à contresens. RCS Sport rappelle que la sécurité dépend aussi de tous les usagers de la route : faire attendre le départ d'une course vise des organisateurs qui ne contrôlent pas chaque véhicule.
  • Un coup d'éclat sans revendication précise Le communiqué des coureurs réclame un dialogue et des mesures, sans dire lesquelles, et la course est repartie normalement au bout de cinq minutes. Sans demande concrète, le geste risque de rester symbolique jusqu'au prochain accident.

Sources

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