Seriez-vous prêt à monter dans un taxi sans volant ni chauffeur ?

· Sciences et numérique

Tesla expose au Mondial de l'Auto de Paris, jusqu'au 18 octobre, son Cybercab, un robotaxi à deux places sans volant ni pédales qui transporte des passagers à Austin, au Texas, depuis septembre.

Voiture autonome Waymo blanche, avec ses capteurs sur le toit, stationnée dans une rue
Photo : Anil Baki Durmus / Unsplash (licence Unsplash), Los Angeles, recadrée

Le contexte

Hall 7.1, stand C25 : une carrosserie dorée, deux places, un grand écran central, des portes qui s'ouvrent vers le haut, et ni volant, ni pédale d'accélérateur, ni frein à portée des passagers. Le Cybercab de Tesla est la vedette du Mondial de l'Auto, porte de Versailles, jusqu'au 18 octobre. Présenté en octobre 2024 en Californie, il est fabriqué depuis février à la Gigafactory du Texas ; Elon Musk a promis un prix inférieur à 30 000 dollars.

Où il roule déjà

Depuis le 4 septembre, des habitants d'Austin peuvent le commander dans certaines zones de la ville via l'application Robotaxi, avec 45 véhicules en service au lancement selon les registres texans. Le service Robotaxi de Tesla existe aussi à Dallas, Houston, Miami, Orlando, Tampa et dans la baie de San Francisco, mais avec des Model Y. Son concurrent Waymo exploite environ 3 000 véhicules sans conducteur. Le jour des premiers trajets, l'agence américaine de la sécurité routière a ouvert un audit sur environ 1 000 Cybercabs et exigé qu'un responsable de Tesla réponde sous serment : contrairement à Zoox, qui a obtenu une dérogation limitée à 2 500 véhicules par an, Tesla n'a pas demandé d'exemption et a certifié lui-même son véhicule.

Et en France ?

Exposer une voiture, l'autoriser à circuler et proposer un service de taxi sont trois étapes différentes. Le Cybercab n'a pas d'homologation européenne, et transporter des passagers sans conducteur demande une autorisation distincte. Même la conduite autonome supervisée de Tesla, appelée « Conduite Assistée » en Europe, n'est pas autorisée en France ; elle l'est dans une poignée de pays, dont les Pays-Bas, la Belgique et la Slovénie, pour 99 euros par mois. Au salon, Tesla propose des essais gratuits de 30 à 45 minutes de ce système, à bord de six Model 3 et sur réservation, et affirme qu'il est 4,1 fois moins susceptible d'être impliqué dans un accident que la conduite manuelle, un chiffre du constructeur que personne n'a vérifié de manière indépendante.

Les arguments pour

  • Des robotaxis transportent déjà des passagers tous les jours aux États-Unis Waymo fait rouler environ 3 000 véhicules sans conducteur, et Tesla propose son service Robotaxi dans sept zones américaines, avec le Cybercab à Austin depuis septembre. Ce n'est plus un prototype de salon : des clients montent dedans chaque jour.
  • Le constructeur avance un risque d'accident bien plus faible qu'avec un humain Tesla affirme que sa conduite autonome supervisée est 4,1 fois moins souvent impliquée dans un accident que la conduite manuelle, après plus de 100 millions de kilomètres parcourus en Europe selon lui. Si ce chiffre se confirmait, un taxi sans chauffeur serait plus sûr qu'un taxi ordinaire.

Les arguments contre

  • Le régulateur américain enquête déjà sur un millier de Cybercabs Le jour des premiers trajets, l'agence américaine de la sécurité routière a ouvert un audit et exigé des réponses sous serment de Tesla, qui a certifié lui-même son véhicule sans demander la dérogation obtenue par Zoox. Monter à bord, c'est faire confiance à un constructeur dont le dossier est encore examiné.
  • Sans volant ni pédales, personne à bord ne peut reprendre la main Dans une Tesla équipée de la conduite supervisée, un conducteur reste responsable et peut intervenir ; c'est d'ailleurs la seule version tolérée dans quelques pays européens. Le Cybercab supprime cette possibilité, et l'Europe n'a homologué ni le véhicule ni le transport de passagers sans conducteur.

Sources

Vote ouvert jusqu’au .

Donner mon avis : OUI ou NON