Faut-il interdire aux VTC de prendre des courses dans les aéroports parisiens, comme le réclament les taxis ?

· Économie et consommation

Environ 2 000 chauffeurs de taxi du collectif Team Taxi manifestent depuis jeudi 15 octobre entre la Porte Maillot et Roissy pour obtenir des « zones blanches » sans courses VTC dans les aéroports.

Le lumineux « Taxi » rouge sur le toit d'un taxi noir dans une rue parisienne, passants flous en arrière-plan
Photo : Efrem Efre / Pexels (licence Pexels), Paris, recadrée

Le contexte

Jeudi 15 octobre, dès l'aube, des chauffeurs de taxi ont quitté la Porte Maillot en direction de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. Le collectif Team Taxi, présidé par Walid Hanida, attendait environ 2 000 chauffeurs et annonce un mouvement reconductible jusqu'à samedi.

Ce que demandent les taxis

Le collectif réclame la création immédiate de « zones blanches » dans les aéroports, où les plateformes de VTC ne pourraient plus attribuer de courses. Il veut aussi des contrôles stricts des cartes professionnelles et de la signalétique des VTC, le retour des « gilets bleus » chargés d'orienter les voyageurs vers les files légales dans les terminaux, et une refonte de la répartition des chauffeurs entre les terminaux. Walid Hanida décrit une « congestion complètement folle » et une « insécurité complètement folle » dans les zones aéroportuaires, et reproche à l'État d'asphyxier les taxis par le carburant et les charges tout en laissant les plateformes « en roue libre ». « Ce n'est pas une guerre VTC-taxi », assure-t-il.

Un vieux contentieux

La règle qui sépare les deux métiers tient en un mot : la maraude. Prendre un client qui hèle une voiture ou attend dans une file est réservé aux taxis ; un VTC ne peut transporter qu'un client qui a réservé. Les taxis accusent de longue date certains VTC de racoler malgré cette interdiction. En novembre 2025, taxis et VTC avaient manifesté la même semaine, les premiers contre la nouvelle tarification du transport de malades, les seconds contre l'afflux de nouveaux chauffeurs encouragé, selon le syndicat Union-Indépendants, par des formations subventionnées à 20 euros par les plateformes. Ce syndicat de VTC réclamait un moratoire et le gel des examens.

La dépêche ne rapporte à ce stade aucune réaction des plateformes ni du gouvernement.

Les arguments pour

  • La maraude est déjà interdite aux VTC : une zone sans courses rend l'interdiction contrôlable Dans un terminal, un chauffeur VTC n'a le droit d'embarquer qu'un client qui a réservé. Les taxis dénoncent le racolage et demandent des contrôles de cartes professionnelles et le retour des « gilets bleus » pour guider les voyageurs. Une zone où aucune course ne peut être attribuée supprime la zone grise dans laquelle se glisse la maraude illégale.
  • Les zones de dépose sont saturées et jugées dangereuses Le président de Team Taxi décrit une « congestion complètement folle » et une « insécurité complètement folle » devant les terminaux, et réclame une refonte de la répartition des chauffeurs. Réduire le nombre de voitures qui tournent autour des terminaux en attendant une course est le moyen le plus direct de désengorger les accès.

Les arguments contre

  • Le voyageur qui a réservé son VTC en sortant de l'avion n'a rien d'illégal La loi autorise déjà un VTC à prendre un client qui a réservé. Une « zone blanche » empêcherait les plateformes d'attribuer toute course dans l'aéroport, y compris à ce voyageur-là, pour atteindre les quelques chauffeurs qui racolent. Les outils existent pour cela : contrôler les cartes professionnelles et sanctionner, sans priver les passagers d'un mode de transport légal.
  • Les chauffeurs VTC subissent eux aussi la concurrence, à commencer par celle de leurs plateformes Le syndicat de VTC Union-Indépendants dénonce un afflux massif de nouveaux chauffeurs organisé par les plateformes, qui a créé un déséquilibre entre l'offre et la demande, et réclame un moratoire et le gel des examens. Leur fermer les aéroports ferait payer aux chauffeurs indépendants une dérive dont ils se disent les premières victimes.

Sources

Vote ouvert jusqu’au .

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