Faut-il taxer la viande transformée pour en faire baisser la consommation ?

· Santé

Le 22 octobre, les députés ont rejeté par 84 voix contre 14 un amendement de l'écologiste Sandrine Rousseau qui créait une taxe sur la viande transformée.

Une main tranche de la charcuterie sur une planche, à côté d'un verre de vin
Photo Alex Guillaume, Unsplash (licence Unsplash), Paris ; recadrée en 3:4

Le contexte

Jeudi 22 octobre, pendant l'examen du budget de la Sécurité sociale, l'Assemblée nationale a rejeté par 84 voix contre 14 un amendement de la députée écologiste Sandrine Rousseau créant une taxe sur la viande transformée, rapporte LCP.

Sandrine Rousseau défendait une « taxe comportementale » visant ceux qui transforment la viande en y ajoutant d'autres produits, et non les éleveurs qui vendent en direct. Elle voulait « commencer modeste » pour faire baisser la consommation de viande. Le député RN Laurent Jacobelli a jugé l'amendement « risible », l'a invitée « autour d'une bonne grillade » et a dénoncé sa « pathologie pro-taxe ». La députée lui a répondu : « Je rassure sur les bancs d'en face, votre virilité n'est pas en cause ».

Le classement du CIRC et l’avis de l’Anses

En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé la viande transformée comme cancérogène, rappelle L'info durable. En 2022, l'Anses a confirmé une association entre l'exposition aux nitrites et nitrates et le risque de cancer colorectal, qui tue près de 18 000 personnes par an en France. Elle conseille de ne pas dépasser 150 grammes de charcuterie par semaine.

Jeudi également, les députés ont supprimé, par 86 voix contre 58, l'article qui étendait la taxe sur les sodas aux aliments sucrés (gâteaux, bonbons, céréales…), selon LCP.

Les arguments pour

  • Un produit classé cancérogène mérite qu'on freine sa consommation Le CIRC classe la viande transformée comme cancérogène (catégorie 1), et l'Anses a confirmé l'association entre nitrites et cancer colorectal, rappelle L'info durable.
  • Manger moins de viande aiderait la transition écologique Sandrine Rousseau voulait « commencer modeste » pour réduire la consommation de viande au nom de la transition écologique et de la santé publique, selon LCP. La taxe aurait visé les transformateurs, pas les éleveurs qui vendent en direct.

Les arguments contre

  • Les ménages modestes paieraient leurs courses encore plus cher Contre l'extension de la taxe soda aux aliments sucrés, le député Nicolas Tryzna (Droite républicaine) a prévenu qu'« une partie de la population qui est la plus défavorisée va se retrouver à payer encore plus cher », d'après LCP. Une taxe sur la charcuterie pèserait elle aussi sur le budget alimentaire des familles.
  • Réduire les nitrites dans la charcuterie limiterait le risque sans taxer L'Anses préconise de réduire l'exposition aux nitrates et nitrites et juge possible de baisser ces additifs, à condition de compenser le risque microbiologique, par exemple par des dates limites plus courtes.

Sources

Vote ouvert jusqu’au .

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