Faut-il taxer les employeurs 1 000 euros par an pour chaque salarié non européen ?

· Économie et consommation

Le RN propose dans son contre-budget une taxe de 1 000 euros par an et par salarié extra-européen, rejetée en commission mais qui pourrait revenir en séance.

Ouvrier casqué travaillant sur un échafaudage de chantier, sous un ciel nuageux.
Photo : Thatselby / Unsplash, licence Unsplash, prise au Botswana (recadrage 3:4)

Le contexte

Un restaurateur qui emploie un cuisinier venu hors de l’Union européenne paierait 1 000 euros par an de plus. C’est la proposition du Rassemblement national, inscrite dans le contre-budget présenté cette semaine par Marine Le Pen et Jordan Bardella, et déposée par le député Jean-Philippe Tanguy en amendement au budget 2027.

La taxe viserait tous les employeurs, privés ou publics, sauf les particuliers, tant que la France n’est pas au plein emploi. Le RN en attend environ 1,3 milliard d’euros par an, sur une base de 1,3 million de salariés extra-européens. Il y voit l’application au privé de la « préférence nationale » qu’il veut inscrire dans la Constitution. L’amendement a été rejeté en commission des finances, mais peut être redéposé en séance à partir du 13 octobre.

Ce qui existe déjà

Embaucher un salarié extra-européen suppose déjà que le poste relève d’un métier en tension ou soit resté sans candidat pendant trois semaines. Pour un contrat d’au moins un an, une taxe existe déjà : 55 % d’un mois de salaire brut, dans une limite fixée par la loi.

Les arguments pour

  • Inciter les entreprises à recruter et former d’abord les demandeurs d’emploi déjà en France Tant que le plein emploi n’est pas atteint, rendre l’embauche hors UE plus coûteuse pousserait les employeurs à se tourner vers les chômeurs présents sur le territoire. C’est le principe de « préférence nationale » défendu par le RN.
  • 1,3 milliard d’euros par an pour l’État Selon le RN, la taxe rapporterait environ 1,3 milliard d’euros par an. L’amendement s’inspire des États-Unis, qui financent la formation de leurs travailleurs par une redevance sur certains visas de travail.

Les arguments contre

  • Des secteurs entiers manquent déjà de bras Vignerons pendant les vendanges, PME industrielles, aide à domicile, hôpitaux, laboratoires d’IA : le président des Entrepreneurs et une économiste du Cnam rappellent leur dépendance à la main-d’œuvre étrangère. Une taxe ne fera pas apparaître un cuisinier ou un maçon, résume le SDI.
  • Un coût du travail en plus pour des embauches déjà encadrées et taxées Recruter hors UE suppose déjà un métier en tension ou une offre restée vide trois semaines, et une taxe de 55 % d’un mois de salaire existe pour les contrats longs. Emmaüs France craint aussi pour ses chantiers d’insertion qui accompagnent ces travailleurs vers l’emploi.

Sources

Sondage clos le .

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