Les syndicats ont-ils raison d'attendre la conférence sociale avant d'annoncer une nouvelle grève ?

· Société

Après la grève du 5 novembre pour les salaires et le pouvoir d'achat, l'intersyndicale attend la conférence sociale du 9 novembre à Matignon pour décider de la suite du mouvement.

Des manifestants allument des fumigènes rouges sous des drapeaux syndicaux, devant un ballon géant.
Sébastien Ramage / Unsplash (licence Unsplash), manifestation à Paris, avril 2023, recadrage 3:4

Le contexte

La journée de grève et de manifestations du jeudi 5 novembre a réuni 575 000 personnes dans 193 cortèges selon les autorités, et 1,6 million selon la CGT. Le même jour, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une « conférence sociale » avec les syndicats et le patronat, fixée au 9 novembre à Matignon, sur les salaires et le pouvoir d'achat. Selon le ministère de l'Intérieur, la journée s'est soldée par 448 interpellations et 53 membres des forces de l'ordre blessés.

En vue de cette conférence, la CFDT réclame un coup de pouce de 100 euros pour le Smic, la CGT une hausse de 10 % et l'indexation des salaires sur les prix. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, juge qu'une hausse du Smic n'est « pas tabou », tout en surveillant ses effets sur l'emploi.

L'intersyndicale a choisi d'attendre ce rendez-vous. Aucune date commune n'a été arrêtée pour la suite : si les propositions sont jugées insuffisantes, une nouvelle journée de grève ou un élargissement des actions pourraient être discutés, selon Entrevue.

L'Unef a appelé à se mobiliser le samedi 7 novembre (« nous ne lâcherons rien »), date retenue aussi par des organisations de jeunesse et des gilets jaunes pour l'« Acte IV » de leur mouvement.

Les arguments pour

  • Le gouvernement se dit ouvert à une hausse du Smic, il faut voir ce qu'il propose Le ministre du Travail affirme qu'une hausse du Smic n'est pas taboue, et le Smic sera à l'ordre du jour du 9 novembre. Annoncer une grève avant même d'avoir entendu les propositions priverait les syndicats d'un argument : montrer qu'ils ont laissé sa chance à la négociation.
  • Multiplier les journées de mobilisation expose à de nouveaux heurts Selon le ministère de l'Intérieur, la journée du 5 novembre s'est soldée par 448 interpellations et 53 membres des forces de l'ordre blessés. Ne redescendre dans la rue qu'en cas d'échec de la négociation limite le nombre de journées exposées à ces incidents.

Les arguments contre

  • C'est la pression de la rue qui a obtenu la conférence sociale Sébastien Lecornu a convoqué syndicats et patronat le jour même de la grève du 5 novembre. Relâcher la pression avant la réunion laisse au patronat, qui juge difficile un effort sur les salaires sans alléger la fiscalité du travail, le temps de faire baisser les attentes.
  • Les syndicats risquent d'être débordés par ceux qui continuent sans eux L'Unef, des organisations de jeunesse et des gilets jaunes ont fixé une nouvelle mobilisation au 7 novembre. Sans date commune, l'intersyndicale laisse à d'autres le rythme d'un mouvement qu'elle a porté le 5 novembre.

Sources

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