Faut-il supprimer les zones à faibles émissions (ZFE) dans les grandes villes ?

· Environnement et énergie

Le 8 octobre, la proposition de loi du RN supprimant les zones à faibles émissions n’a pas pu être votée avant la fin de sa journée réservée à l’Assemblée.

Rue parisienne bordée d’immeubles haussmanniens avec la tour Eiffel au fond et des voitures qui circulent.
Photo : Andy McCune (compte Earth) / Unsplash, licence Unsplash (recadrage 3:4)

Le contexte

À Lyon, une voiture classée Crit’Air 3, la vignette qui range les véhicules selon leurs émissions, n’a plus le droit de rouler ni même de stationner dans cinq communes, jour et nuit. Autour de Paris, elle est interdite dans 77 communes en semaine, de 8 h à 20 h, avec une vingtaine de jours de dérogation possibles par an.

Ces zones à faibles émissions, instaurées en 2019 pour réduire les particules fines, concernent une quarantaine d’agglomérations. Les règles varient beaucoup : hors de Paris et Lyon, la plupart ne visent que les véhicules les plus anciens, comme les voitures immatriculées avant 1997. Grenoble, Montpellier ou Strasbourg ont choisi d’aller plus loin, avec des calendriers et des amendes étalés.

Ce qui s’est passé à l’Assemblée

Le 8 octobre, le RN a tenté de les supprimer lors de sa journée réservée. Un amendement des écologistes qui visait à vider le texte a été rejeté par 164 voix contre 49, mais le débat s’est arrêté à minuit, avant le vote final. Plus tôt dans l’année, une première suppression votée par les députés avait été censurée par le Conseil constitutionnel, faute de lien avec la loi de simplification où elle figurait.

Le RN et la Droite républicaine jugent que ces zones chassent des centres-villes les ménages modestes qui ne peuvent pas changer de voiture ; LFI, qui les trouve « mal calibrées », veut les conditionner à des alternatives. Le bloc central, les socialistes et les écologistes reconnaissent des difficultés mais refusent une suppression sèche, au nom de la santé. Santé publique France attribue environ 40 000 décès par an aux particules fines, chez les plus de 30 ans.

Les arguments pour

  • Les ménages modestes n’ont pas les moyens de changer de voiture pour continuer d’entrer en ville Les interdictions frappent d’abord les véhicules les plus anciens, souvent ceux de foyers qui ne peuvent pas en racheter un. Pour qui travaille en ville sans transport en commun pratique, c’est l’accès à l’emploi qui est menacé, dénoncent le RN, la Droite républicaine et LFI.
  • Selon le RN, l’air respecte déjà les seuils européens et les ZFE n’ont pas changé les habitudes Le rapporteur Pierre Meurin affirme que les seuils de pollution fixés par l’Union européenne sont déjà respectés et que les ZFE n’ont eu « aucun impact » sur le passage à d’autres modes de transport. Pour lui, la contrainte imposée aux automobilistes n’est plus justifiée.

Les arguments contre

  • Les particules fines restent responsables de dizaines de milliers de morts par an Santé publique France attribue environ 40 000 décès par an aux particules fines chez les plus de 30 ans, soit près de huit mois d’espérance de vie perdus en moyenne. Le trafic routier est la première source d’exposition au dioxyde d’azote : écarter les véhicules les plus polluants des zones denses vise directement ces expositions.
  • Mieux vaut corriger les ZFE que supprimer l’outil partout Le bloc central propose de laisser aux maires le choix du périmètre et du calendrier, avec des dérogations encadrées. Des assouplissements existent déjà, comme le pass de 24 jours par an à Paris ou les exemptions pour petits rouleurs à Lyon : une suppression nationale retirerait l’outil même aux villes qui veulent le garder.

Sources

Sondage clos le .

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