Faut-il supprimer la CSG et la CRDS sur les revenus du travail pour augmenter le net, quitte à taxer davantage ailleurs ?
· Travail et protection sociale
À l'approche de la conférence sociale du 9 novembre sur les salaires, l'U2P, organisation patronale des entreprises de proximité, défend la suppression de la CSG et de la CRDS pour augmenter le salaire net.
Le contexte
Sébastien Lecornu a convoqué syndicats et patronat à Matignon le lundi 9 novembre pour une conférence sociale sur les salaires et le pouvoir d'achat, après la mobilisation du 5 novembre. Les syndicats réclament une hausse du Smic et l'indexation des salaires sur l'inflation. Le président de l'U2P, Michel Picon, a qualifié la hausse du Smic de « catastrophe » sur RTL le 27 octobre.
Il demande plutôt de supprimer la CSG et la CRDS pour augmenter les salaires sans peser sur les employeurs. Ces deux prélèvements, au taux global de 9,7 %, s'appliquent à tous les revenus d'activité.
Le plan de l'U2P
L'organisation l'avait détaillé en mai 2025. La suppression se ferait sur cinq ans et concernerait tous les revenus d'activité : salariés, fonctionnaires, indépendants, professions libérales et dirigeants. L'U2P chiffre le gain pour les ménages à 116 milliards d'euros. Selon ses chiffres, le salaire net ne représente plus que 54 % du brut, contre 69 % en 1970.
Pour compenser, elle propose de taxer davantage les revenus du capital et les loyers, de geler pendant trois à cinq ans les pensions supérieures à 2 500 euros, d'instaurer un plancher de 10 à 20 % de droits sur les héritages de plus de 500 000 euros par héritier, et de relever de quelques points le taux normal de TVA, en faisant passer davantage de produits au taux réduit et en portant la TVA jusqu'à 35 % sur les produits de luxe. L'État n'avait pas réagi officiellement, et les déficits sociaux, estimés à 22,1 milliards d'euros pour 2025, compliquent une réforme de cette taille, notait alors Économie Matin.
Les arguments pour
- Le salaire net grimperait sans alourdir le coût du travail pour l'employeur La CSG et la CRDS sont retenues sur les revenus du travail. Les supprimer augmente le net sans toucher au salaire brut, donc sans charge nouvelle pour l'artisan ou le commerçant qui emploie. C'est l'argument de l'U2P, dont le président juge la hausse du Smic « une catastrophe ».
- Le travail serait moins taxé que la rente Aujourd'hui, la CSG et la CRDS prélèvent 9,7 % sur les revenus du travail. Le plan de l'U2P les supprime et fait payer une partie de la note aux revenus financiers, aux loyers et aux héritages de plus de 500 000 euros par héritier. Le travail porterait une moindre part du financement social, le patrimoine une plus grande.
Les arguments contre
- Les comptes sociaux perdraient une recette énorme alors qu'ils sont déjà en déficit L'U2P chiffre à 116 milliards d'euros le gain pour les ménages, autant de recettes à remplacer. Or les déficits sociaux étaient déjà estimés à 22,1 milliards pour 2025, un contexte qui complique toute réforme de cette ampleur, selon Économie Matin.
- Les retraités et les consommateurs paieraient une partie de la note Le financement prévoit de geler pendant trois à cinq ans les pensions de plus de 2 500 euros et de relever de quelques points le taux normal de TVA, que paient tous les consommateurs, même si davantage de produits passeraient au taux réduit. Les retraités touchant plus de 2 500 euros et les consommateurs financeraient une partie de la hausse du net des actifs.
Sources
- Salaires, pouvoir d'achat : que peut-on attendre de la conférence sociale du lundi 9 novembre ?, LCP (2026)
- Salaire net : supprimer la CSG, la mesure choc proposée par une organisation patronale, MoneyVox (2025)
- Salaire net en chute : l'U2P veut réformer la fiscalité pour le rehausser, Économie Matin (2025)
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