Faut-il supprimer les 35 heures et passer à une semaine de travail de 37 h 30 ?

· Travail et protection sociale

Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle, propose de remplacer les 35 heures par une semaine de 37 h 30, sans cotisations sur les heures au-delà de la 35e.

Une horloge murale blanche à aiguilles noires indique un peu plus de dix heures.
Ocean Ng / Unsplash (licence Unsplash), recadrage 3:4

Le contexte

Invité de BFM TV le mardi 3 novembre, Bruno Retailleau, candidat des Républicains à la présidentielle de 2027, a proposé de supprimer les 35 heures. Les salariés travailleraient une demi-heure de plus par jour, soit 37 h 30 par semaine. « Si on veut s'en tirer, il faut travailler plus, et vous allez gagner nettement plus », a-t-il déclaré, selon Capital.

Les cotisations salariales et patronales seraient supprimées sur les heures effectuées au-delà de la 35e. D'après lui, ce mécanisme permettrait de toucher « quasiment deux mois » de salaire en plus, l'équivalent d'un 13e et d'un 14e mois. Selon lui, supprimer les charges à partir de la 36e heure permettrait « d'abaisser le coût du travail de 35 % ».

La durée du travail négociée en entreprise

Le candidat veut confier l'organisation du temps de travail aux branches et aux entreprises, qui pourraient garder les 35 heures si les partenaires sociaux le décident. « Le juge de paix, ce sera le référendum d'entreprise », a-t-il expliqué.

Son projet plafonnerait aussi à 70 % du Smic net par adulte les aides sociales non contributives, avec des exceptions, notamment pour le handicap, la dépendance et la vieillesse. Les allocations chômage et les retraites resteraient hors de ce plafond, selon Entrevue.

Les arguments pour

  • Les heures travaillées au-delà de 35 heures rapporteraient davantage aux salariés Ces heures ne supporteraient plus aucune cotisation, ni salariale ni patronale. Selon Bruno Retailleau, un salarié pourrait ainsi toucher « quasiment deux mois » de salaire en plus, l'équivalent d'un 13e et d'un 14e mois.
  • La durée du travail se négocierait dans chaque branche ou entreprise Les branches et les entreprises fixeraient leurs règles, et pourraient conserver les 35 heures si les partenaires sociaux le souhaitent. Le candidat veut faire du référendum d'entreprise le « juge de paix ».

Les arguments contre

  • Le gain promis dépend des heures supplémentaires réellement payées Entrevue souligne que le bénéfice varierait selon le salaire de départ, le nombre d'heures effectivement faites et la façon dont elles seraient rémunérées. Les « deux mois » de salaire restent une estimation du candidat.
  • Exonérer ces heures poserait la question du financement des comptes sociaux Les heures au-delà de 35 heures ne paieraient plus aucune cotisation. D'après Entrevue, cette exonération totale poserait la question de son financement pour les comptes sociaux.

Sources

Vote ouvert jusqu’au .

Donner mon avis : OUI ou NON