Faut-il sélectionner les étudiants à l'entrée de l'université ?
· Éducation
Le gouvernement a promis de remplacer Parcoursup pour la campagne 2028, et le débat sur la sélection à l'entrée de l'université revient au Sénat.
Le contexte
Face à la mobilisation lycéenne, le gouvernement a annoncé la fin de Parcoursup. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a précisé que la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur serait remplacée pour la campagne 2028, avec des évolutions dès la campagne 2027. Pour la campagne 2027, le gouvernement prévoit des refus motivés et des critères d'admission plus transparents. Un comité de réforme associant lycéens et enseignants autour des ministres doit présenter de premières recommandations en novembre.
Au Sénat, la suppression de Parcoursup relance le vieux débat sur la sélection à l'entrée de l'université. Pour Pierre-Antoine Lévi, président de la commission de la Culture et de l'Éducation du Sénat, le système actuel entérine une « sélection par l'échec ».
À droite, l'appel à une sélection assumée
Le sénateur LR Max Brisson, chef de file de son groupe sur l'éducation avec Jacques Grosperrin, appelle à lever le tabou de la sélection dès l'entrée en licence : « Une plateforme est nécessaire, mais elle doit être un système transparent de sélection assumée ». Selon lui, la sélection repoussée « finit toujours par tomber, sournoise, brutale ». Le sénateur Aymeric Durox, orateur du groupe d'extrême droite Union nationale pour les territoires, refuse que des milliers d'étudiants s'orientent vers des filières sans débouchés.
À gauche, la question des places
À gauche, on dénonce surtout le manque de places. Le sénateur communiste Pierre Ouzoulias estime que Parcoursup « ajuste donc la demande toujours croissante à une offre de formation toujours en baisse ». Pour l'élu LFI Gabriel Amard, « tout bachelier a le droit de s'inscrire dans la filière de son choix » et, s'il manque des places, il faut en construire.
Les arguments pour
- Des règles connues valent mieux qu'un tri par l'échec en licence Pour Pierre-Antoine Lévi, le système actuel entérine une « sélection par l'échec ». Max Brisson réclame à la place « un système transparent de sélection assumée » : les bacheliers sauraient dès l'entrée ce qui est attendu.
- Sélectionner éviterait d'envoyer des milliers d'étudiants vers des filières sans débouchés Le sénateur Aymeric Durox ne veut pas « tolérer que des milliers d'étudiants s'orientent vers des filières sans débouchés ». Selon lui, bien s'orienter, c'est s'orienter vers un métier.
Les arguments contre
- Le vrai problème est le manque de places, pas les candidats Selon Pierre Ouzoulias, Parcoursup sert à faire coller une demande croissante à une offre de formation en baisse. Sélectionner reviendrait à entériner ce manque de moyens, que des élus de gauche veulent combler.
- Le baccalauréat doit rester la clé d'entrée à l'université Pour Gabriel Amard, tout bachelier a le droit de s'inscrire dans la filière de son choix, et s'il manque des places, il faut en construire. Une sélection fermerait la porte à des jeunes qui ont pourtant obtenu leur diplôme.
Sources
Vote ouvert jusqu’au .