Faut-il autoriser les sages-femmes à prescrire le traitement hormonal de la ménopause ?
· Santé
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a demandé le 15 octobre à la Haute Autorité de santé d'examiner dans quelles conditions les sages-femmes pourraient prescrire le traitement hormonal de la ménopause.
Le contexte
Le 15 octobre, à la clôture des premières Assises de la ménopause à Paris, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a saisi la Haute Autorité de santé (HAS). Elle lui demande d'examiner dans quelles conditions les sages-femmes pourraient prescrire le traitement hormonal de la ménopause, rapporte Vidal. L'avis est attendu au premier trimestre 2027, et la ministre dit ne pas le préjuger.
Les sages-femmes assurent déjà des consultations gynécologiques autour de la ménopause, précise Vidal. Cette ouverture faisait partie des recommandations d'une mission parlementaire confiée à Stéphanie Rist en 2024. Le gouvernement envisage aussi une « consultation longue ménopause » chez les sages-femmes, rapporte Egora. Selon Vidal, les négociations conventionnelles qui doivent l'inclure débuteront dans les prochaines semaines, alors que celles ouvertes au printemps avec les médecins n'ont pas abouti.
Selon Egora, plus de 17 millions de Françaises sont concernées par la ménopause, et 61 % des femmes concernées n'ont jamais reçu d'information d'un professionnel de santé. En 2025, environ 496 000 femmes prenaient un traitement hormonal, d'après les données Epi-Phare citées par Vidal.
Lors des Assises, la gynécologue Geneviève Plu-Bureau a estimé que la première prescription devait rester réservée aux généralistes et aux gynécologues, pour bien évaluer les facteurs de risque, selon Vidal. Isabelle Derrendinger, présidente du Conseil national de l'ordre des sages-femmes, a assuré que la profession était « prête », en insistant sur la gradation des soins et le travail entre professions.
Les arguments pour
- Le parcours de soins des femmes serait facilité Selon Economie Matin, les femmes consultent en moyenne 3,4 professionnels avant une prise en charge adaptée. Les sages-femmes assurent déjà des consultations gynécologiques autour de la ménopause, et l'ouverture de la prescription « viserait à faciliter le parcours de soins », selon Vidal.
- Les sages-femmes se disent prêtes à assurer cette prescription La présidente de l'ordre des sages-femmes, Isabelle Derrendinger, assure que la profession est « prête », dans une organisation graduée des soins. Dans son discours de clôture, Stéphanie Rist a estimé que les sages-femmes « connaissent leurs limites », rapporte Vidal.
Les arguments contre
- Démarrer le traitement demande de bien évaluer les risques de chaque patiente Pour la gynécologue Geneviève Plu-Bureau, seuls les généralistes et les gynécologues devraient démarrer ce traitement, afin de bien évaluer les facteurs de risque de chaque patiente, selon Vidal.
- Le suivi risque d'être éclaté entre plusieurs soignants Dans son passage sur l'élargissement de la prescription aux sages-femmes, Economie Matin note que « des inquiétudes persistent quant à la fragmentation du suivi et aux prescriptions inadaptées », notamment depuis une étude de 2002 sur les risques de cancer du sein liés à ces traitements.
Sources
- Ménopause : Stéphanie Rist veut renforcer le rôle des sages-femmes en ouvrant les réflexions sur la prescription du THM, Vidal (2026)
- Assises de la ménopause : la ministre de la Santé saisit la HAS pour permettre aux sages-femmes de prescrire le traitement hormonal, Egora (2026)
- Ménopause : l'inaction coûte 2,3 milliards d'euros par an à la France, Economie Matin (2026)
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