Le Royaume-Uni a-t-il raison d'autoriser l'exploitation d'un nouveau gisement de gaz en mer du Nord ?

· Environnement et énergie

Le 21 octobre, le gouvernement britannique a autorisé l'exploitation du gisement de gaz de Jackdaw, en mer du Nord, au nom de la sécurité énergétique, malgré l'opposition des écologistes.

Une plateforme pétrolière et gazière en mer, vue depuis une plage bordée de dunes
Photo Julia Taubitz, Unsplash (licence Unsplash), Ameland (Pays-Bas), mer du Nord, photo d'illustration ; recadrée en 3:4

Le contexte

Le gouvernement travailliste d'Andy Burnham a annoncé le mercredi 21 octobre son feu vert au gisement de gaz de Jackdaw, situé à 240 km à l'est d'Aberdeen, en Écosse. Shell, qui fait partie des codéveloppeurs, prévoit qu'il fournira environ 6,5 % de la production gazière britannique à son pic.

Avant d'arriver au pouvoir en 2024, le Labour avait promis de ne pas approuver de nouveaux permis de forage en mer du Nord. Jackdaw avait été autorisé une première fois en 2022, mais un tribunal a jugé cette autorisation illégale en 2025, faute d'avoir pris en compte ses émissions indirectes de CO2. En août, Matt Cooper, analyste chez Rystad Energy, jugeait le champ prêt à démarrer dans les prochains mois, car « toutes les infrastructures sont en place » et les puits sont forés.

Le gouvernement n'a pas encore tranché pour Rosebank, un gisement surtout pétrolier situé à l'ouest des Shetland, lui aussi contesté.

Le gouvernement face aux écologistes

Le gouvernement invoque la sécurité énergétique, alors que la guerre en Iran fait flamber les prix de l'énergie. « Même sur notre trajectoire climatique ambitieuse, nous aurons encore besoin de pétrole et de gaz », fait valoir Andy Burnham. Le chef du Parti vert, Zack Polanski, dénonce un « vandalisme climatique ». Selon les détracteurs de la décision, elle aura peu d'effet sur les factures d'électricité des ménages, les prix du pétrole et du gaz étant fixés par les marchés mondiaux.

Les arguments pour

  • Produire son gaz rend le pays moins dépendant des importations en pleine flambée des prix Le gouvernement britannique justifie sa décision par la sécurité énergétique, alors que la guerre en Iran fait grimper les prix. Jackdaw doit fournir environ 6,5 % de la production gazière du pays à son pic.
  • Remplacer du gaz liquéfié importé peut réduire certaines émissions Selon James Reid, du cabinet Wood Mackenzie, la liquéfaction, le transport par bateau et la regazéification du gaz importé génèrent « plus d'émissions » que du gaz produit sur place.

Les arguments contre

  • Ce gisement ajoute des émissions de carbone Les organisations environnementales mettent en garde contre une hausse des émissions de carbone. Le chef du Parti vert, Zack Polanski, parle de « vandalisme climatique ». Avant d'arriver au pouvoir en 2024, le Labour avait promis de ne pas approuver de nouveaux permis de forage en mer du Nord.
  • Les factures des ménages devraient peu baisser Les prix du pétrole et du gaz étant fixés sur les marchés mondiaux, les détracteurs de la décision jugent l'effet sur les factures d'électricité faible. Selon James Reid (Wood Mackenzie), les volumes attendus et l'exposition du pays aux prix européens et internationaux limitent aussi le gain d'autonomie.

Sources

Vote ouvert jusqu’au .

Donner mon avis : OUI ou NON