Faut-il ne pas remplacer 400 000 fonctionnaires partant à la retraite, comme le propose Bruno Retailleau ?
· Politique et démocratie
Le 12 octobre, Bruno Retailleau a présenté un plan de 197 milliards d'euros d'économies qui prévoit de ne pas remplacer 400 000 agents publics partant à la retraite.
Le contexte
Sur les 5,9 millions d'agents publics que compte le pays, 400 000 ne seraient pas remplacés lors de leur départ à la retraite d'ici 2032. C'est l'une des mesures du plan présenté lundi 12 octobre par Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle, au siège des Républicains.
Ce non-remplacement doit rapporter 25 milliards d'euros, sur un effort total de 197 milliards d'ici 2032. Bruno Retailleau, qui juge la France « quasiment en faillite », promet de ramener le déficit public sous 3 % du PIB dès 2031, sans impôt nouveau. Ses premières pistes évoquaient 200 000 à 250 000 suppressions de postes, rappelle Public Sénat. Le plan prévoit aussi de supprimer des agences et opérateurs de l'État.
Pour lui, ceux qui n'assument pas une baisse du nombre d'agents « ne redresseront pas la France ». Il s'en prend aussi au programme de Marine Le Pen, qui affiche 142 milliards d'économies : « Ça ne tient pas debout. Où sont les économies ? »
Des services qui peinent déjà à recruter
La proposition arrive alors que l'Éducation nationale cherche à remplacer ses professeurs absents. Le 9 octobre, le ministre Édouard Geffray a annoncé l'affectation de 3 000 enseignants remplaçants dans plus de 500 lycées. Le sénateur LR Max Brisson, sceptique, attribue les difficultés à l'attractivité du métier : des postes ouverts restent sans candidats.
Les arguments pour
- 25 milliards d'économies sans licencier personne La mesure ne supprime aucun emploi occupé : elle consiste à ne pas remplacer une partie des agents qui partent à la retraite. Elle rapporterait 25 milliards d'euros, selon le plan, sans licenciement.
- Réduire la dépense plutôt qu'augmenter les impôts Bruno Retailleau promet un déficit sous 3 % dès 2031 sans impôt nouveau, alors qu'il chiffre la dette à plus de 3 400 milliards d'euros. Avec 5,9 millions d'agents publics, le nombre de fonctionnaires est pour lui un levier que tout plan de redressement doit assumer.
Les arguments contre
- Les écoles manquent déjà de professeurs Le gouvernement vient d'annoncer en urgence 3 000 enseignants remplaçants pour plus de 500 lycées, et des postes ouverts restent sans candidats, selon le sénateur LR Max Brisson. Retirer encore des effectifs risque d'aggraver ces manques dans les services du quotidien.
- Un chiffre global qui ne dit pas quels services seraient touchés Le plan fixe un objectif de 400 000 départs non remplacés sans préciser la part de l'école, de l'hôpital ou de la police. Les usagers ne peuvent pas savoir quels guichets fermeraient ni quelles classes seraient chargées.
Sources
- Présidentielle 2027 : Bruno Retailleau s'engage sur un plan d'économies de près de 200 milliards d'euros s'il est élu, Public Sénat (2026)
- Face à une France « quasiment en faillite », Bruno Retailleau présente un plan d'économies de 197 milliards d'euros, LCP (2026)
- « 3 000 enseignants remplaçants : personne ne comprend de qui on parle », affirme Colombe Brossel (PS), Public Sénat (2026)
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