Approuvez-vous le projet de satellites-miroirs qui renverraient la lumière du soleil sur Terre la nuit ?

· Environnement et énergie

La start-up californienne Reflect Orbital a simulé au sol, avec des projecteurs, la lumière que ses futurs satellites-miroirs renverraient la nuit, un projet combattu par des astronomes et des défenseurs du ciel nocturne.

La Voie lactée dans un ciel nocturne bleu au-dessus d'un paysage de montagnes
Photo Nathan Anderson, Unsplash (licence Unsplash), Silverthorne, États-Unis ; recadrée en 3:4

Le contexte

Dans la nuit du 9 au 10 octobre, des habitants de Lone Pine, en Californie, ont vu deux faisceaux très intenses partir des montagnes voisines vers le désert, rapportait Presse-citron le 16 octobre. La start-up Reflect Orbital y avait installé des projecteurs en hauteur pour simuler la lumière que renverraient ses futurs satellites équipés de miroirs. Elle testait avec des secouristes bénévoles l'intérêt de cet éclairage pour les recherches de nuit.

L'entreprise veut placer en orbite des miroirs capables d'éclairer, après le coucher du soleil, une zone d'environ 5 km de diamètre, par exemple des fermes solaires, des chantiers ou des zones sinistrées. Elle vise à terme une constellation de 50 000 satellites. Selon Clubic, elle a levé 28 millions de dollars et envisageait de facturer environ 5 000 dollars l'heure de lumière réfléchie par un miroir.

Un premier satellite autorisé aux États-Unis

Le 9 juillet, l'autorité américaine des communications, la FCC, a autorisé un premier satellite de test, Earendil-1, malgré plus de 1 800 commentaires opposés. Elle a estimé que l'impact du réflecteur sortait de sa mission, centrée sur les fréquences radio, et jugé les risques peu probables pour un seul satellite. En juillet, son lancement était annoncé avant la fin de 2026. La constellation complète n'est pas autorisée, précise la Société astronomique de France.

Cette association et l'Observatoire européen austral redoutent une dégradation du ciel nocturne. L'ONG DarkSky réclame une étude d'impact environnemental complète avant toute nouvelle autorisation. L'American Astronomical Society a aussi évoqué des risques pour les yeux des astronomes amateurs et un éblouissement possible des pilotes et des conducteurs, selon Clubic.

Les arguments pour

  • Éclairer une zone sinistrée en pleine nuit pourrait aider les secours Lors de l'essai en Californie, l'entreprise travaillait avec des secouristes bénévoles. L'un d'eux a jugé le dispositif utile pour retrouver des victimes après une catastrophe naturelle majeure, selon Presse-citron.
  • Des centrales solaires pourraient produire après le coucher du soleil Reflect Orbital vise d'abord les fermes solaires, qui perdent de la rentabilité le soir. En renvoyant la lumière vers elles après le coucher du soleil, ses miroirs prolongeraient leur production d'électricité.

Les arguments contre

  • La lumière artificielle perturberait les animaux nocturnes L'ONG DarkSky y voit « un nouveau facteur de stress majeur pour les écosystèmes nocturnes ». Presse-citron cite des effets possibles sur l'orientation, la migration, l'alimentation et la reproduction de centaines d'espèces.
  • Le ciel étoilé deviendrait plus difficile à observer Selon la Société astronomique de France, un miroir serait environ quatre fois plus brillant que la pleine lune dans la zone éclairée et aussi brillant que Vénus ailleurs. Avec 50 000 miroirs, la brillance du ciel augmenterait de 300 %. Dans un communiqué du 1er juillet, l'Observatoire européen austral estimait qu'« un million de satellites et de miroirs dans l'espace constituent une grave menace pour le ciel nocturne ».
  • Les miroirs éclaireraient trop faiblement pour être utiles Selon les calculs de l'astronome Michael Brown, de l'université Monash, un miroir de 18 mètres de côté renverrait un faisceau environ 15 000 fois moins intense que le soleil de midi. Atteindre 20 % de cette intensité sur un seul site exigerait plus de 3 000 satellites.

Sources

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