Faut-il faire fonctionner les réacteurs nucléaires actuels d'EDF au-delà de 60 ans ?
· Environnement et énergie
L'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection dit ne pas voir, à ce stade, d'obstacle qu'EDF ne pourrait pas lever pour faire fonctionner ses réacteurs au-delà de 60 ans, et consulte le public jusqu'au 2 décembre.
Le contexte
Le 22 octobre, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a présenté à l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques un projet d'avis sur l'avenir des 56 réacteurs de deuxième génération d'EDF, mis en service pour la plupart dans les années 1980. Elle écrit n'avoir pas identifié, « en l'état des connaissances », d'obstacle à la poursuite de leur fonctionnement au-delà de 60 ans pour lequel EDF ne disposerait pas de solutions.
Cet avis n'autorise rien : la poursuite de fonctionnement « est conditionnée aux résultats des réexamens périodiques », menés réacteur par réacteur tous les dix ans, et l'ASNR prévient que « la découverte de nouveaux phénomènes limitants » reste possible. Selon elle, plusieurs sujets techniques demandent encore « des travaux conséquents » de la part d'EDF.
Vieillissement et climat
Pierre-Marie Abadie, président de l'ASNR, cite auprès de l'AFP le vieillissement de « certains équipements ou de structures essentielles pour la sûreté difficilement ou non remplaçables ». L'AFP mentionne notamment la cuve du réacteur. Le changement climatique « est peut-être le sujet sur lequel il y a plus d'incertitude à long terme », reconnaît-il. Les réacteurs d'EDF disposent d'autorisations sans durée limite. Mis en service en une quinzaine d'années, ils pourraient être nombreux à devoir s'arrêter sur une courte période s'ils n'étaient pas prolongés, souligne l'AFP.
Le public peut donner son avis jusqu'au 2 décembre 2026. L'avis définitif est attendu début 2027.
Les arguments pour
- Sans prolongation, une grande partie du parc pourrait s'arrêter en quelques années Les réacteurs ont été raccordés en une quinzaine d'années, surtout dans les années 1980. Sans prolongation, EDF pourrait faire face à des arrêts définitifs concentrés sur une période courte, souligne l'AFP. Le président de l'ASNR dit vouloir éviter que les pouvoirs publics « ne soient en situation de devoir arbitrer entre la sûreté et la sécurité d'approvisionnement ».
- Chaque réacteur resterait contrôlé tous les dix ans avant de pouvoir continuer Après chaque réexamen périodique, mené réacteur par réacteur, l'ASNR se prononce sur la poursuite de son fonctionnement pour les dix années suivantes.
Les arguments contre
- La cuve et d'autres pièces essentielles sont difficiles, voire impossibles, à remplacer Le président de l'ASNR cite le vieillissement d'équipements et de structures essentiels à la sûreté « difficilement ou non remplaçables », et l'AFP mentionne la cuve. L'ASNR juge aussi possible « la découverte de nouveaux phénomènes limitants ».
- Le changement climatique rend incertain l'avenir de réacteurs aussi anciens Le président de l'ASNR reconnaît que le changement climatique « est peut-être le sujet sur lequel il y a plus d'incertitude à long terme ». Prolonger revient à exploiter au-delà de 60 ans, malgré cette incertitude, des réacteurs mis en service pour la plupart dans les années 1980.
Sources
- Perspectives de poursuite du fonctionnement des réacteurs d'EDF au-delà de 60 ans : l'ASNR consulte le public, Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (2026)
- Nucléaire : pas d'obstacle a priori au prolongement des réacteurs d'EDF au-delà de 60 ans, selon le régulateur, Connaissance des Énergies (AFP) (2026)
- Nucléaire : les réacteurs français pourraient fonctionner au-delà de 60 ans, sous conditions, Entrevue (2026)
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