Faut-il raccourcir les vacances scolaires pour alléger les semaines des élèves ?

· Éducation

Interrogé le 14 octobre sur BFMTV, Édouard Geffray s'est dit « plutôt favorable » à alléger les semaines des élèves et des professeurs, ce qui suppose de rogner sur les vacances, une décision qu'il renvoie à la présidentielle.

Une salle de classe vide, chaises et tablettes alignées, dans la lumière rasante du soleil.
Photo Allen Y, Unsplash (licence Unsplash), université Wilfrid-Laurier, Waterloo (Canada), recadrée en 3:4

Le contexte

Les emplois du temps figurent parmi les principales inquiétudes que les lycéens ont fait remonter sur la plateforme de consultation ouverte par le ministère. Invité de BFMTV le 14 octobre, Édouard Geffray s'est dit « plutôt favorable pour alléger globalement, pour les professeurs et les élèves ». Mais à volume d'enseignement constant, moins d'heures par semaine veut dire plus de semaines de cours : il avait déjà expliqué, lors d'une audition à l'Assemblée le 7 octobre, qu'il faudrait « poser la question de la durée des vacances ». Ses chiffres : 16 semaines de vacances par an en France, contre 13 en moyenne dans les pays de l'OCDE, avec des journées plus longues. Le ministre renvoie toutefois la décision à « une présidentielle », en citant les conséquences sur les transports scolaires et le tourisme.

Un débat relancé par l'Élysée en février

Le 5 février, sur Brut, Emmanuel Macron avait plaidé pour des journées plus courtes au collège et au lycée, avec un début de cours plus tardif et une fin de journée consacrée au sport et à la culture, en contrepartie d'un « gros mois de vacances » l'été. Édouard Geffray estimait alors que l'été devrait durer entre 4 et 6 semaines : en éducation prioritaire, deux mois de vacances équivalent selon lui à un mois d'apprentissage perdu. La Convention citoyenne sur les temps de l'enfant, elle, proposait des journées commençant à 9 heures et une alternance de sept semaines de cours et deux semaines de repos, sans toucher aux huit semaines d'été.

Ce qui coince sur le terrain

La CFDT Éducation rappelle que dans certains établissements du Sud, il fait déjà trop chaud dès avril et que des familles sont parfois invitées à garder leurs enfants : raccourcir l'été reviendrait à « faire cours en plein été » dans des locaux inadaptés. Le SE-Unsa demande quelle compensation recevraient les enseignants, et le syndicat des chefs d'établissement rappelle que les semaines sans élèves servent à préparer la rentrée. Le sénateur LR Max Brisson, lui, pose la question de la garde : si les élèves sortent plus tôt, qui s'occupe d'eux, alors que tout le périscolaire est calé sur les horaires actuels ? Le ministre lui-même a rencontré une quinzaine d'élèves, dont plusieurs préféreraient moins de vacances si les cours finissaient à 16 heures, tout en précisant qu'ils ne sont pas représentatifs.

Les arguments pour

  • Des semaines moins chargées, c'est la première demande des lycéens, et elle a un prix : des vacances plus courtes Les emplois du temps figurent en tête des inquiétudes remontées par les lycéens, et le ministre constate un calendrier scolaire qui « n'a pas bougé depuis des décennies » : 16 semaines de vacances contre 13 en moyenne dans l'OCDE, compensées par des journées plus longues. Pour Emmanuel Macron, « avec des journées moins chargées, on apprend mieux ». À programme égal, le seul moyen d'alléger la semaine est d'étaler l'année.
  • Deux mois sans école font perdre un mois d'apprentissage aux élèves des quartiers populaires, selon le ministre En éducation prioritaire, Édouard Geffray estime que les deux mois d'été équivalent à un mois d'acquis perdus, et Emmanuel Macron jugeait dès 2023 que les longues vacances creusent les inégalités. Les enfants qui partent en séjours ou lisent à la maison rattrapent, les autres décrochent. Un été de quatre à six semaines réduirait cet écart.

Les arguments contre

  • Faire cours en juillet dans des bâtiments où il fait déjà trop chaud en avril La CFDT Éducation rappelle que des établissements du Sud renvoient parfois les enfants chez eux à cause de la chaleur dès le printemps. Allonger l'année sans rénover les locaux, c'est mettre élèves et professeurs dans des salles invivables en plein été. Les chefs d'établissement ajoutent que les semaines sans élèves servent à préparer la rentrée : les supprimer revient à supprimer leurs vacances.
  • Qui garde les enfants à 16 heures, et que deviennent les transports scolaires et les séjours d'été ? Le périscolaire, les clubs et les cars scolaires sont calés sur les horaires actuels, comme le rappelle le sénateur Max Brisson, et le ministre cite lui-même les transports et le tourisme parmi les obstacles. Les syndicats enseignants demandent aussi quelle compensation accompagnerait des semaines de travail supplémentaires. Changer le calendrier de tous les élèves sans régler ces questions reviendrait à déplacer le problème vers les familles.

Sources

Vote ouvert jusqu’au .

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