Approuvez-vous que des journaux suppriment des postes en confiant une partie du travail à l’IA ?
· Travail et protection sociale
Les salariés des neuf quotidiens régionaux du groupe Ebra ont fait grève le 9 octobre contre un plan de départs qui s’appuie sur l’IA.
Le contexte
Le Progrès, Le Dauphiné libéré, L’Est républicain, Les Dernières nouvelles d’Alsace… Le 9 octobre, les neuf quotidiens régionaux du groupe Ebra, propriété du Crédit Mutuel, ont connu une grève inédite. Le SNJ revendique 67 % de grévistes ; la direction n’a pas donné de chiffre.
En cause, un plan de départs volontaires pouvant concerner jusqu’à 400 postes sur environ 3 200. Selon les syndicats, un tiers des secrétaires de rédaction partirait et l’IA serait utilisée « massivement » pour assister les journalistes restants. Les ventes et abonnements du groupe ont été divisés par deux en dix ans, et il a perdu plus de 10 millions d’euros en 2025. La direction assure que les départs seront volontaires et que l’IA doit faciliter le travail, pas remplacer les rédactions. Les négociations doivent s’achever le 2 novembre.
Un précédent en justice
Mi-septembre, le tribunal judiciaire de Créteil a suspendu un projet du groupe de presse professionnelle Gisi (L’Usine nouvelle, LSA) qui supprimait huit postes de secrétaires de rédaction et confiait environ 70 % de leurs tâches à l’IA. Le juge a relevé des carences dans l’évaluation des risques pour la santé des salariés restants et exigé des tests en conditions réelles.
Les arguments pour
- Des journaux qui perdent de l’argent doivent baisser leurs coûts pour survivre Ebra a vu ses ventes et abonnements divisés par deux en dix ans et a perdu plus de 10 millions d’euros en 2025. Automatiser une partie des tâches de relecture et de mise en page peut éviter des fermetures de titres, donc des pertes d’emplois plus lourdes.
- L’IA peut libérer les journalistes des tâches répétitives La direction d’Ebra présente ces outils comme une aide aux rédactions et non un remplacement, avec des départs uniquement volontaires. Le temps gagné sur la correction ou la mise en forme peut être consacré au reportage.
Les arguments contre
- Des outils pas encore fiables, et des erreurs qui finiront dans le journal Chez Ebra, un représentant syndical juge les tests présentés « pas concluants du tout ». Chez Gisi, le juge a exigé des essais en conditions réelles avant toute suppression de poste, signe que la fiabilité n’était pas démontrée.
- Ceux qui restent héritent de la charge de travail Le tribunal de Créteil a suspendu le projet de Gisi en relevant des carences dans l’évaluation des risques pour la santé des salariés restants. Moins de secrétaires de rédaction, c’est plus de vérifications pour les journalistes, souvent dans l’urgence du bouclage.
Sources
- Presse : grève inédite dans les neuf journaux du groupe Ebra, Sud Radio (AFP) (2026)
- Infopro Digital : la justice suspend une réorganisation fondée sur l’IA, ActuIA (2026)
- LSA, l’Usine Nouvelle… la justice retoque le remplacement des journalistes par l’IA, L’Informé (2026)
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