Les présentateurs télé doivent-ils recadrer à l'antenne tout propos discriminatoire d'un invité ?
· Société
Plus de 200 journalistes de BFMTV demandent à leur direction un recadrage systématique des propos discriminatoires à l'antenne, après des accusations, venues notamment de LFI, selon lesquelles la chaîne relaierait des propos racistes.
Le contexte
BFMTV est accusée, notamment par La France insoumise, de relayer des propos racistes, dans le contexte des manifestations et de l'attentat de Trappes. La chaîne conteste ces accusations. LFI lui reproche notamment d'avoir invité Éric Zemmour (Reconquête). Certains de ses journalistes ont été pris à partie sur le terrain, rapporte l'AFP le 4 novembre.
Fin octobre, Jean-Luc Mélenchon avait lancé à un journaliste de la chaîne, en pleine manifestation : « Et vous, BFM, commencez à vous calmer sur les remarques racistes de toute sorte ». Invité sur un plateau, le député LFI Louis Boyard avait dénoncé des propos racistes tenus selon lui par Éric Zemmour à l'antenne.
Ce que demandent les journalistes
Dans une lettre signée par plus de 200 journalistes, la société des journalistes de BFMTV dénonce « la banalisation de certains propos racistes ou discriminatoires sur notre antenne ». Elle réclame un « recadrage systématique et sans équivoque des propos discriminatoires par les présentateurs », un meilleur suivi des invités et plus de place pour le reportage. Une autre lettre a été signée par 160 techniciens du groupe RMC BFM.
Le directeur général délégué à l'information de CMA Media, Jean-Philippe Baille, a annoncé une « cellule invités », la publication mensuelle d'un baromètre du pluralisme et une riposte rapide aux fausses informations. Il précise que ces mesures « ne constituent ni un changement de ligne éditoriale ni une reconnaissance des accusations ». Selon la direction, la chaîne n'a reçu aucun signalement de l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel.
Les arguments pour
- Un propos raciste laissé sans réponse finit par paraître normal C'est la crainte des journalistes de BFMTV, qui dénoncent la banalisation de certains propos discriminatoires sur leur antenne. Une réaction immédiate du présentateur rappelle au téléspectateur que ces paroles ne vont pas de soi.
- La réputation de la chaîne retombe sur ses équipes de reportage Des journalistes de BFMTV ont été pris à partie sur le terrain, et les syndicats SNJ et CGT de RMC BFM relient ces agressions à des propos racistes tenus à l'antenne. Un recadrage clair protège aussi ceux qui tournent dans la rue.
Les arguments contre
- Le présentateur deviendrait juge de ce qui est discriminatoire La frontière entre propos discriminatoire et opinion choquante n'est pas toujours nette, et c'est au seul présentateur qu'il reviendrait de la trancher en direct. La direction rappelle que l'Arcom, chargée de contrôler les chaînes, ne lui a adressé aucun signalement.
- Mieux vaut préparer les invitations que corriger en direct La direction a créé une « cellule invités » pour centraliser les demandes d'interviews de responsables politiques. Mieux préparer les invitations limite les dérapages en amont, sans faire du présentateur un arbitre permanent.
Sources
- Accusée de relayer des propos racistes, BFMTV reste dans une zone de turbulences, Sud Radio (AFP) (2026)
- BFMTV accusée par LFI de propager des propos racistes, la chaîne dénonce une campagne de dénigrement, Puremédias (AFP) (2026)
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