Le Premier ministre doit-il recevoir les lycéens mobilisés ?
· Éducation
Sébastien Lecornu a reçu les syndicats le 21 octobre au matin pour parler de la sécurité des cortèges, sans les organisations lycéennes, dont la CFDT et la CGT ont regretté l'absence.
Le contexte
Sébastien Lecornu a reçu ce mercredi 21 octobre au matin les cinq syndicats représentatifs, CFDT, CGT, FO, CFTC et CFE-CGC, en présence du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Au programme : la sécurisation des manifestations après les violences du 17 octobre, et les réponses à apporter aux lycéens. Ces derniers n'ont pourtant pas été conviés à la réunion.
Les lycéens sont à l'origine du mouvement. Leurs revendications portent sur les emplois du temps, les remplacements de professeurs, la rénovation des bâtiments et Parcoursup. Le Premier ministre a promis de premières annonces pour le début de la semaine prochaine. De nouvelles manifestations sont prévues le samedi 24 octobre à l'appel de gilets jaunes et de mouvements lycéens, puis le 5 novembre à l'appel des syndicats.
Ce que reprochent les syndicats
La CFDT et la CGT ont déploré l'absence des organisations lycéennes à ce rendez-vous. La CGT avait demandé que leurs représentants participent à la réunion. La CFDT, qui place le pouvoir d'achat en tête des urgences, refuse une rencontre limitée à l'organisation des cortèges ou à des reproches sur les violences. La CFTC, elle, assure que ses cortèges parviennent à ne pas être infiltrés, « y compris par les black blocs », mais qu'un service d'ordre ne peut pas gérer ceux qui iraient casser dans les rues voisines.
Dès la mi-octobre, avant les violences du 17, Sébastien Lecornu décrivait un mouvement lycéen devenu « un mouvement de violences urbaines », qu'il attribuait à des groupes d'ultragauche ou d'ultradroite mêlés aux cortèges, tout en distinguant ces violences des lycéens eux-mêmes, qui ont selon lui voulu exprimer leur angoisse, leur mécontentement et des demandes au gouvernement ou aux régions. Les socialistes regrettent de leur côté que les revendications lycéennes soient passées au second plan.
Les arguments pour
- Les lycéens ont lancé le mouvement et personne ne répond encore à leurs demandes Emplois du temps, remplacements de professeurs, bâtiments, Parcoursup : ces revendications n'ont encore reçu aucune réponse concrète, le Premier ministre renvoyant à de premières annonces en début de semaine prochaine, et les socialistes regrettent qu'elles soient passées au second plan. La CFDT l'a relevé : « Et surtout les organisations de jeunesse sont absentes de ce rendez-vous ».
- Un cortège se sécurise avec ses organisateurs, et la CFTC montre que c'est possible La CFTC le constate pour ses propres défilés : « Dans nos cortèges, on arrive à ne pas être infiltrés, y compris par les black blocs ». Des mouvements lycéens appellent à manifester dès le samedi 24 octobre ; sans interlocuteur à Matignon, le gouvernement se prive d'un relais pour préparer ces cortèges.
Les arguments contre
- Le gouvernement a choisi de répondre par des mesures, promises pour la semaine prochaine Le gouvernement a choisi un autre canal : de premières annonces promises aux lycéens pour le début de la semaine prochaine. Les réponses à leur apporter figuraient à l'ordre du jour de la réunion avec les syndicats, sans que leurs organisations aient besoin d'être à la table.
- Recevoir un mouvement que le Premier ministre dit débordé par la violence reviendrait à le légitimer Dès la mi-octobre, Sébastien Lecornu parlait d'« un mouvement de violences urbaines » dont l'intensité avait encore augmenté, en l'attribuant à des groupes radicaux mêlés aux cortèges. Ouvrir Matignon aux organisations lycéennes trois jours avant la manifestation du 24 octobre enverrait un signal de faiblesse après les violences et pillages du 17.
Sources
- Sébastien Lecornu reçoit les syndicats pour la sécurité des cortèges, Sud Radio (2026)
- Lecornu reçoit les syndicats avant de nouvelles manifestations, La Gazette France (2026)
- Pour le Premier ministre, le mouvement lycéen est devenu un « mouvement de violences urbaines », Brut (2026)
- Violences du 17 octobre : sous pression, Sébastien Lecornu reconnaît des défaillances, Europe 1 (2026)
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