Le préfet de police a-t-il eu raison d'interdire l'hommage aux victimes de Trappes place de la République ?

· Politique et démocratie

Le 26 octobre, le préfet de police de Paris a interdit un rassemblement d'hommage aux victimes de l'attentat de Trappes place de la République et n'a autorisé que celui de la place de Stalingrad.

Des dizaines de bougies allumées dans la pénombre
Photo Mike Labrum, Unsplash (licence Unsplash) ; Rome, Italie ; recadrée en 3:4

Le contexte

Le 26 octobre, deux rassemblements statiques avaient été déclarés à Paris pour rendre hommage aux victimes de l'attaque du 23 octobre à Trappes (Yvelines). Le préfet de police a interdit par arrêté celui de la place de la République. Seul celui de la place de Stalingrad, de 19 h à 22 h, a été autorisé, rapporte BFMTV.

La préfecture jugeait le rassemblement de la République susceptible de causer des troubles graves à l'ordre public, dans le « contexte sensible » né de l'attentat. Le préfet a proposé aux deux organisateurs de se regrouper place de Stalingrad, ce que ceux de la République ont refusé, selon BFMTV. Dans un communiqué, la préfecture a invité toutes les personnes souhaitant rendre hommage à s'y rendre.

Le soir même, le rassemblement du nord de Paris a réuni 3 000 personnes selon la préfecture de police, en présence notamment de Raphaël Glucksmann et d'Olivier Faure, selon l'AFP. D'autres hommages ont eu lieu devant la mairie de Lyon et sur le Vieux-Port à Marseille.

L'attaque a tué Pengo Bossio Wangi, 26 ans, et blessé cinq personnes. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, l'a qualifiée d'« attentat terroriste raciste ». Le suspect, âgé de 39 ans, a été placé en garde à vue, selon BFMTV. Le maire de Trappes, Ali Rabeh, appelle à un grand rassemblement dans sa ville le 30 octobre.

Le 24 octobre, à propos des manifestations prévues en France et dans plusieurs pays européens, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O'Flaherty, avait estimé que les violences de certains individus ou groupes ne justifiaient pas « des restrictions arbitraires, des interdictions générales ».

Les arguments pour

  • L'hommage restait possible le même soir, à Stalingrad Le préfet n'a pas interdit tout rassemblement. Celui de la place de Stalingrad était autorisé de 19 h à 22 h, et l'hommage du nord de Paris a réuni 3 000 personnes selon la préfecture, d'après l'AFP.
  • Un seul lieu de rassemblement est plus facile à sécuriser après un attentat La préfecture invoquait un risque de troubles graves dans le contexte sensible qui suivait l'attaque. En regroupant les participants à Stalingrad, elle n'avait qu'un site à protéger.

Les arguments contre

  • Un rassemblement statique déclaré à l'avance ne justifiait pas une interdiction Les deux hommages avaient été déclarés comme statiques, sans défilé dans les rues. Interdire celui de la République sur un simple risque de troubles restreint la liberté de réunion.
  • Craindre des troubles ne suffit pas à interdire un rassemblement Le 24 octobre, avant des manifestations en France et ailleurs en Europe, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a rappelé que les violences de certains ne justifient pas des interdictions générales ou arbitraires. Interdire la République sur un risque de troubles va contre ce principe.

Sources

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