La préfecture de police a-t-elle eu raison de changer le parcours de la manifestation parisienne la veille ?
· Politique et démocratie
La préfecture de police a imposé vendredi 23 octobre un nouveau tracé à la manifestation intersyndicale du 24 octobre à Paris, contre l'avis des syndicats.
Le contexte
Jeudi 22 octobre, la préfecture de police et l'intersyndicale s'étaient mises d'accord sur un cortège entre Bastille et Nation pour la journée de mobilisation du samedi 24 octobre. Vendredi après-midi, la préfecture a imposé un autre parcours, entre la porte d'Italie et la porte de Vincennes. C'était le seul cortège autorisé dans la capitale.
Le préfet de police, Patrice Faure, justifie ce choix par les exactions constatées à la fin des dernières manifestations, en particulier le 13 octobre. Selon lui, elles « incitent à la plus grande prudence dans le choix des itinéraires afin de faire respecter l'ordre public ».
Les syndicats contestent le tracé
L'intersyndicale d'Île-de-France a jugé la demande « inacceptable » et a d'abord annoncé qu'elle irait quand même à Bastille. Karl Ghazi, co-secrétaire général de la CGT de Paris, a qualifié le nouveau tracé d'« impossible à sécuriser ». Pour l'intersyndicale, changer les règles à la veille d'une mobilisation, « c'est créer les conditions du désordre plutôt que celles de l'apaisement ». À gauche, Fabien Roussel a estimé que changer le parcours revenait à « désorganiser les cortèges » et à semer la confusion, tandis que Marine Tondelier dénonçait la « marche arrière » de la préfecture.
Le recours rejeté
La CGT a contesté l'arrêté devant le tribunal administratif, qui a rejeté le recours samedi matin. Les organisateurs ont alors accepté le parcours imposé. À la mi-journée, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, comptait 135 interpellations en France et 35 000 personnes sur la voie publique, sans incident majeur à ce stade.
Les arguments pour
- Après les débordements des dernières manifestations, choisir un autre trajet peut limiter les risques de nouvelles violences Le préfet Patrice Faure invoque les exactions commises à la fin des précédents cortèges, notamment le 13 octobre. Selon lui, elles « incitent à la plus grande prudence dans le choix des itinéraires ».
- Les syndicats ont pu manifester à Paris, et le tribunal administratif a rejeté le recours contre le trajet Le cortège intersyndical est resté autorisé. Saisi par la CGT, le tribunal administratif a rejeté le recours contre le nouveau tracé, et les organisateurs ont fini par l'accepter.
Les arguments contre
- Changer le trajet à la dernière minute désorganise le cortège et sème la confusion Pour l'intersyndicale, modifier les règles la veille crée les conditions du désordre. Fabien Roussel y voit une manière de désorganiser les cortèges et de semer la confusion.
- Un parcours jugé impossible à sécuriser par les organisateurs fait courir plus de risques aux manifestants Karl Ghazi, de la CGT de Paris, juge le nouveau tracé impossible à sécuriser. L'intersyndicale accuse les autorités de faire peser un risque supplémentaire sur ceux qui défilent.
- La préfecture est revenue sur un trajet qu'elle avait négocié avec les syndicats La préfecture et l'intersyndicale s'étaient entendues jeudi sur un trajet entre Bastille et Nation. Le revirement du vendredi a poussé les syndicats à dénoncer une demande inacceptable.
Sources
- Manifestation du 24 octobre à Paris : parcours, zones bloquées, manifestants… À quoi s'attendre samedi dans la capitale ?, Europe 1 (2026)
- En direct - Manifestations du 24 octobre : Laurent Nuñez annonce 135 interpellations à 13h, Europe 1 (2026)
- Acte II de la mobilisation : la manifestation contre le congrès du RN débute à Orléans (direct), Euronews (2026)
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