Faut-il installer des portiques de détection à l'entrée des collèges ?

· Éducation

Le 12 octobre, à Aubagne, un élève de 14 ans est soupçonné d'avoir blessé au fusil de chasse le principal et une enseignante de son collège.

Une main tient un sac à dos noir devant un mur clair.
Photo : Luis Quintero / Unsplash (licence Unsplash), recadrée

Le contexte

Lundi 12 octobre, vers 10 heures, des coups de feu ont éclaté au collège Joseph-Lakanal d'Aubagne (Bouches-du-Rhône). Le principal, 53 ans, a reçu des plombs aux cuisses et au bas du dos, une enseignante de 37 ans à la cuisse. Leur pronostic vital n'est pas engagé. Un élève de troisième, âgé de 14 ans, a été maîtrisé par un membre du personnel puis placé en garde à vue. Le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour tentatives d'assassinat.

Selon Europe 1, le fusil de chasse était caché dans un étui de guitare. L'enquête doit établir comment l'adolescent se l'est procuré, et ses parents ont été placés en garde à vue.

Ce que veut le Département

Le collège n'avait ni portiques, ni grillages, ni caméras, a regretté Martine Vassal, présidente du conseil départemental, citée par le JDD. D'après elle, l'ancienne équipe de direction avait refusé le dispositif de sécurisation proposé par le Département, que le nouveau principal avait au contraire demandé. Elle annonce qu'elle imposera ces équipements, en cas de refus, aux derniers collèges du département qui n'en sont pas dotés.

Les réserves du ministre

Venu sur place avec Laurent Nuñez, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a souligné les limites des portiques face à un élève déjà scolarisé dans l'établissement, rapporte Le Méridional. « Nous ne pouvons pas tout demander à l'école », a-t-il ajouté.

En avril 2025, après le meurtre d'une lycéenne de 15 ans à Nantes, François Bayrou évoquait déjà les portiques comme « une piste », sans décision à la clé. Des fouilles de sacs par les forces de l'ordre ont depuis été menées devant certains établissements. C'est lors de l'une d'elles, à Nogent (Haute-Marne), en juin 2025, qu'une assistante d'éducation a reçu un coup de couteau mortel.

Les arguments pour

  • Une arme cachée dans un sac aurait plus de mal à franchir la porte À Aubagne, le fusil est entré dans un simple étui de guitare, selon Europe 1. Aujourd'hui, repérer ce genre d'objet dépend de la vigilance d'un agent d'accueil. Un contrôle systématique à l'entrée ne laisserait passer aucun sac sans examen, chaque matin et pour chaque élève.
  • La protection ne dépendrait plus du choix de chaque direction Martine Vassal affirme que la sécurisation proposée par le Département avait été refusée par l'ancienne direction du collège, puis demandée par le nouveau principal. Une règle commune éviterait qu'un établissement reste moins équipé que son voisin parce que son équipe d'alors n'en voulait pas.

Les arguments contre

  • La violence des jeunes ne se règle pas à la porte du collège Édouard Geffray a souligné les limites des portiques face à un élève déjà scolarisé dans l'établissement. Pour le ministre, la montée de la violence chez les jeunes relève d'un phénomène de société auquel l'école ne peut pas répondre seule.
  • Le contrôle à l'entrée peut devenir lui-même un moment dangereux En juin 2025, à Nogent, c'est pendant une fouille de sacs menée par des gendarmes devant un collège qu'une assistante d'éducation a été poignardée. Rassembler des centaines d'élèves devant un point de contrôle crée chaque matin un face-à-face que quelques adultes doivent gérer.

Sources

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