Faut-il un plan national pour rénover les toilettes des lycées ?
· Éducation
L'état des toilettes figure parmi les premières revendications des lycéens mobilisés, et la fédération de parents d'élèves FCPE demande au gouvernement un « vrai plan national ».
Le contexte
Dans le mouvement lycéen, parti de blocus en banlieue parisienne à la mi-septembre, les élèves placent très haut dans leurs griefs le manque de sanitaires et de propreté. Un élève toulousain a décrit à l'AFP des toilettes sales, sans papier. Des vidéos tournées par une enseignante d'un lycée de Saint-Denis montrent moisissures, peinture décollée et tuyaux rouillés, et une élève d'un lycée professionnel de Bondy dénonce le manque de toilettes pour le nombre d'élèves.
Une infirmière scolaire, membre du syndicat SNIES-Unsa, parle d'un « problème de santé publique » : des élèves arrivent à l'infirmerie avec des maux de tête, de ventre, des infections urinaires ou de la constipation, parce qu'ils évitent de boire pour ne pas aller aux toilettes. Le Conseil national d'évaluation du système scolaire avait déjà consacré un rapport au sujet en 2017.
Les régions ont la charge des bâtiments des lycées. L'Île-de-France a lancé en 2019 un plan de 85 millions d'euros pour rénover les sanitaires les plus vétustes de 125 de ses 468 lycées publics, et dit avoir atteint 80 % de son objectif. Elle signale aussi des dégradations volontaires dans les toilettes.
Après une concertation avec les lycéens, le ministère a publié une liste de 200 lycées prioritaires pour la rénovation des bâtiments. Selon Public Sénat, les régions contestent la méthode. La FCPE réclame de son côté un « vrai plan national » consacré aux toilettes.
Les arguments pour
- Des élèves se retiennent toute la journée et finissent à l'infirmerie Une infirmière scolaire décrit des élèves qui évitent de boire pour ne pas aller aux toilettes, avec à la clé maux de tête, infections urinaires ou constipation. Le problème est connu depuis au moins le rapport du Conseil national d'évaluation du système scolaire de 2017.
- Les régions seules ne suffisent pas à rattraper le retard Lors de la concertation, l'Île-de-France, les Hauts-de-France et la Provence-Alpes-Côte d'Azur ont concentré 46 % des problèmes sanitaires signalés par les lycéens. Le plan francilien de 85 millions d'euros ne vise que 125 lycées sur 468. Un plan national, comme le demande la FCPE, fixerait un même niveau d'exigence pour tous les lycées, quelle que soit leur région.
Les arguments contre
- Les régions, chargées des lycées, ont déjà des chantiers en cours L'Île-de-France, par exemple, a engagé 85 millions d'euros depuis 2019 et dit avoir atteint 80 % de son objectif. Le ministère vient en outre de lister 200 lycées prioritaires. Un plan national ajouterait un étage de décision à ces chantiers, alors que les régions contestent déjà la méthode de l'État.
- Sans respect des lieux, des toilettes neuves se dégradent vite La région Île-de-France signale des dégradations volontaires dans les toilettes, et rapporte que certains proviseurs renoncent parfois, face à ces dégradations, aux petites réparations. Rénover ne protège pas contre le vandalisme.
Sources
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