Faut-il plafonner le prix du gazole et de l'essence à la pompe tant que dure la crise ?

· Économie et consommation

Une mission de l'Assemblée a présenté le 3 novembre deux pistes contre la flambée des carburants, dont un encadrement des marges des raffineurs avec un prix plafond à la pompe.

Une main tient un pistolet de pompe à carburant noir près d'une voiture, dans une station-service.
Erik Mclean / Unsplash (licence Unsplash), recadrage 3:4

Le contexte

Le prix moyen du gazole a reculé à 2,26 euros le litre début novembre, contre 2,38 euros fin octobre, selon une analyse de l'AFP reprise par Sud Radio. Depuis le 1er novembre, l'État vend à prix coûtant aux distributeurs 10 millions de barils de gazole tirés de ses stocks stratégiques, pendant trois mois.

Le 3 novembre, les députés Aurélie Trouvé (LFI) et Henri Alfandari (Horizons) ont présenté les conclusions de leur mission d'information sur la hausse des prix des produits pétroliers, selon LCP. Ils notent que le gazole a augmenté de plus de 40 % depuis le 28 février. Avant la guerre au Moyen-Orient, le litre tournait autour de 1,70 euro, rappelle la mission.

Deux réponses opposées

Aurélie Trouvé propose, pendant la durée de la crise, d'encadrer les marges de raffinage et les prix de gros, avec un plafond des prix à la pompe. Elle cite la Banque de France, qui attribue aux tensions sur le raffinage près de 60 % de la hausse entre février et août. Selon elle, un retour des raffineurs à leur rentabilité historique moyenne ferait baisser le litre de près de 20 centimes supplémentaires.

Henri Alfandari s'y oppose : un tel encadrement ne ferait pas baisser durablement les prix et augmenterait le risque de pénurie, estime-t-il. Il préfère un crédit d'impôt kilométrique, réservé aux trajets vers le travail, les soins ou l'école, et plafonné selon le revenu.

Les arguments pour

  • Les raffineurs profitent de la crise Selon Aurélie Trouvé, les résultats mondiaux de l'activité raffinage-chimie de TotalEnergies ont été multipliés par cinq sur les neuf premiers mois de 2026, et la Banque de France attribue près de 60 % de la hausse aux tensions sur le raffinage. Plafonner le prix ramènerait ces marges vers leur niveau habituel.
  • Le déstockage ne ramène pas les prix à leur niveau d'avant-guerre Malgré le début du déstockage de 10 millions de barils, vendus à prix coûtant sur trois mois, le gazole reste à 2,26 euros le litre en moyenne, loin des 1,70 euro d'avant la guerre cités par la mission. Un plafond imposerait une baisse dans toutes les stations, y compris celles qui n'ont pas encore profité du déstockage.

Les arguments contre

  • Un prix bloqué peut vider les cuves Pour Henri Alfandari, les mesures proposées par Aurélie Trouvé ne feraient pas baisser durablement le prix à la pompe et accroîtraient le risque de pénurie. Un plafond trop bas pourrait faire manquer du carburant plutôt que le rendre moins cher.
  • Les petites stations rurales risqueraient de vendre à perte Les stations indépendantes vendent encore des stocks achetés plus cher et seront servies en dernier pour le gazole moins cher, explique le pompiste Jacques Vaysse, qui juge les petites stations rurales en danger. Si le plafond était fixé sous le prix auquel elles ont acheté leurs stocks, elles devraient vendre à perte.
  • Une aide ciblée soulagerait mieux ceux qui roulent par obligation Henri Alfandari propose un crédit d'impôt kilométrique pour les trajets vers le travail, les soins ou l'école, plafonné et dégressif selon le revenu. Un plafond général profiterait aussi aux conducteurs aisés et aux trajets de loisir.

Sources

Vote ouvert jusqu’au .

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