Faut-il inscrire l'irrigation encadrée du piment d'Espelette dans les règles de son appellation ?
· Environnement et énergie
Après la sécheresse de 2026, le syndicat du piment d'Espelette prévoit de demander en juin 2027 que l'irrigation maîtrisée entre dans les règles de l'appellation, qui l'interdisent aujourd'hui un mois après la plantation et au plus tard dès le 15 juillet.
Le contexte
Après un été caniculaire et une sécheresse historique, le syndicat du piment d'Espelette a demandé à l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) une dérogation pour arroser une partie des plants dès juin, rapporte l'AFP. Ramuntxo Lecuona, producteur bio sur 2,5 hectares, dit avoir pu irriguer 25 % de sa production. Il a récolté un peu plus de 1,2 tonne, contre environ 2 tonnes d'habitude.
Le cahier des charges de l'appellation, qui couvre dix communes du Pays basque, interdit l'irrigation plus d'un mois après la plantation, et au plus tard après le 15 juillet. En cas de sécheresse persistante, l'INAO peut accorder des dérogations sur proposition du syndicat.
L'appellation regroupe 171 producteurs, près de 5 millions de pieds et plus de 190 tonnes de poudre par an. Les aléas s'accumulent : grêle destructrice en 2023, année très pluvieuse en 2024, fortes chaleurs en 2025, puis cette année ce que le syndicat décrit comme « la canicule de trois mois et demi, sans pluie ». Plusieurs exploitants ont abandonné, et un champignon, le sclerotium, progresse avec la chaleur.
Les producteurs testent depuis cinq ans une irrigation maîtrisée. Le syndicat prévoit de déposer en juin 2027 une nouvelle version de son cahier des charges. Ramuntxo Lecuona regrette la lenteur administrative.
Les arguments pour
- L'arrosage a limité les pertes cette année Ramuntxo Lecuona a pu irriguer un quart de sa production, qui a « très bien donné ». Sans eau, sa récolte d'environ 1,2 tonne, contre 2 tonnes d'habitude, aurait été plus faible encore.
- Les mauvaises années s'enchaînent et des producteurs abandonnent Après la grêle de 2023, la pluie de 2024, la chaleur de 2025 et la sécheresse de 2026, plusieurs exploitants ont déjà abandonné. Cette année, l'arrosage a permis à certains de limiter les pertes.
- Une règle permanente éviterait de dépendre d'une dérogation à chaque sécheresse Les producteurs testent l'irrigation maîtrisée depuis cinq ans, mais tant que le cahier des charges n'est pas modifié, ils doivent demander une dérogation à l'INAO à chaque sécheresse.
Les arguments contre
- Le cahier des charges prévoit déjà des exceptions en cas de sécheresse L'INAO peut accorder des dérogations à l'interdiction d'irriguer quand la sécheresse persiste, sur proposition du syndicat. La règle actuelle permet donc déjà d'arroser lors d'une sécheresse, sans modifier le cahier des charges.
Sources
- Après la sécheresse et les canicules, le piment d'Espelette cherche de l'eau, Sud Radio (AFP) (2026)
- Cahier des charges de l'appellation d'origine « Piment d'Espelette », INAO (2024)
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