Faut-il fermer une tribune entière pour sanctionner les fumigènes et les chants de quelques supporters ?

· Sport

La commission de discipline de la LFP a fermé le 14 octobre la tribune Nord du Vélodrome pour deux matchs fermes, après l'usage d'engins pyrotechniques et des chants relevés lors d'OM-PSG le 20 septembre.

Un stade de football plein, de nuit, sous les projecteurs, lors d'un match Rennes-OM
Photo : Howard Bouchevereau / Unsplash (licence Unsplash), Rennes, recadrée

Le contexte

Le virage Nord du Vélodrome restera vide contre Le Havre le 25 octobre et contre Toulouse le 1er novembre. La commission de discipline de la Ligue de football professionnel, réunie mercredi 14 octobre, a prononcé la fermeture de la tribune pour deux matchs fermes, avec effet immédiat, pour sanctionner le comportement de supporters marseillais lors de la réception du Paris Saint-Germain, le 20 septembre, perdue 1-2.

Ce que reproche la Ligue

Deux motifs figurent dans la décision : l'usage d'engins pyrotechniques et des « expressions orales » constatées dans la tribune. L'un des deux matchs n'est pas une sanction nouvelle : il correspond à la révocation d'un sursis prononcé lors d'une sanction précédente, qui tombe donc parce que les faits se sont reproduits. Le même soir, la commission a sanctionné le FC Metz pour des faits similaires lors de la réception de Saint-Étienne, avec une fermeture partielle de la tribune Est de Saint-Symphorien pour un match, à compter du 20 octobre. Elle a aussi suspendu plusieurs joueurs, dont Matthieu Udol (Lens) pour un match, adressé un simple rappel à l'ordre à l'entraîneur du Paris FC Liam Rosenior et infligé 5 000 euros d'amende, dont la moitié avec sursis, au président délégué de Dunkerque.

Une sanction collective

La fermeture frappe l'ensemble des spectateurs du virage, et pas seulement les auteurs des fumigènes ou des chants : la Ligue sanctionne le club pour le comportement de ses supporters. L'OM retrouve le championnat après son match européen de jeudi contre l'Olympiakos.

Les arguments pour

  • Le sursis n'a pas suffi : la tribune a recommencé L'un des deux matchs de fermeture est la révocation d'un sursis accordé lors d'une sanction précédente. La menace d'une fermeture n'a pas empêché de nouveaux fumigènes et de nouveaux chants lors d'OM-PSG. Quand l'avertissement reste sans effet, l'exécution de la peine est la seule façon de lui redonner du poids.
  • Le club est responsable de ses tribunes, et seule une sanction qui lui coûte le pousse à agir La Ligue ne juge pas des individus, elle sanctionne un club pour ce qui se passe dans son stade. Priver l'OM de son virage pour deux matchs de championnat l'oblige à mieux contrôler l'entrée des engins pyrotechniques et à travailler avec ses groupes de supporters, ce qu'une amende, absorbée dans le budget, n'obtient pas.

Les arguments contre

  • Des milliers d'abonnés punis pour les actes d'une poignée La fermeture vide tout le virage Nord contre Le Havre et Toulouse, y compris pour les spectateurs qui n'ont ni allumé de fumigène ni chanté quoi que ce soit. La sanction ne vise pas les auteurs mais leur voisin de gradin, qui perd deux matchs sans avoir rien fait.
  • Pour des faits similaires, Metz n'a eu qu'une fermeture partielle d'un match Le même soir, la commission a sanctionné le FC Metz pour des motifs comparables, avec une fermeture partielle d'une tribune pour un seul match. Deux matchs entiers pour Marseille, un match partiel pour Metz : la même faute produit des peines très différentes selon le club, ce qui nourrit le sentiment d'une sanction à la tête du client.

Sources

Vote ouvert jusqu’au .

Donner mon avis : OUI ou NON