Faut-il interdire les supporters visiteurs quand un match est classé à risque maximal ?

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La préfecture des Bouches-du-Rhône a interdit, puis autorisé quelques heures plus tard, la venue des supporters de l'Olympiakos pour OM–Olympiakos, jeudi 15 octobre au Vélodrome.

Tribunes d'un grand stade de football remplies de spectateurs, en soirée, sous la toiture éclairée
Photo : Andrii Solok / Unsplash (licence Unsplash), stade de Kiev (Ukraine), recadrée

Le contexte

Mardi 13 octobre au matin, à 48 heures du match, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône publie un arrêté : les supporters de l'Olympiakos n'auront accès ni au Vélodrome, ni au centre-ville, ni aux abords du stade, et ne pourront ni circuler ni stationner dans six arrondissements de Marseille. La rencontre de Ligue Europa est classée au niveau de risque maximal, 5 sur 5, par la division nationale de lutte contre le hooliganisme. Motifs avancés : des rivalités entre groupes ultras, avec des liens entre certains ultras de l'OM et l'AEK Athènes et une alliance de l'Olympiakos avec l'Étoile rouge de Belgrade, le contexte social et les manifestations lycéennes, et des effectifs policiers insuffisants. Le parcage visiteurs était prévu pour environ 3 500 personnes.

Dix heures plus tard, l'arrêté est abrogé

Après des échanges entre les parties et la promesse de renforts policiers, la préfecture revient sur sa décision dans la journée. Les supporters grecs sont finalement autorisés à venir, à condition de se regrouper à un point de rendez-vous fixé par les autorités puis d'être escortés jusqu'au stade ; la circulation reste interdite dans plusieurs arrondissements en dehors de ce parcours. L'Association nationale des supporters salue un « dialogue constructif ».

La colère de l'Olympiakos

Dans un communiqué publié dans la soirée, le club grec dénonce une gestion « sans précédent, inacceptable et dangereuse » et parle d'un « canular impensable ». Selon lui, des milliers de supporters avaient déjà annulé vols et hôtels après la première décision, et plusieurs centaines, déjà sur place, sont rentrés en Grèce. Les billets de catégorie 1 (49 euros) et du secteur visiteurs (15 euros) avaient été annulés et remboursés. L'Olympiakos estime que les garanties de sécurité restent insuffisantes : il demande à ses supporters de quitter Marseille ou de renoncer au voyage, réclame à l'UEFA de laisser le parcage vide, a déposé une protestation officielle et dit soutenir d'éventuelles actions judiciaires collectives pour obtenir réparation. L'UEFA était intervenue auprès des autorités françaises dès l'annonce de l'interdiction, sans résultat.

Les interdictions de déplacement ne sont pas rares en France : en avril 2026, le ministère de l'Intérieur avait par exemple interdit aux supporters lensois de se rendre à Brest, un an après des violences entre les deux camps.

Les arguments pour

  • Quand les policiers manquent, écarter les visiteurs évite des affrontements La préfecture a justifié son arrêté par des effectifs insuffisants, un contexte de manifestations lycéennes et des rivalités connues entre groupes ultras. Un parcage de 3 500 visiteurs à escorter dans une ville sous tension mobilise des forces qui ne sont pas disponibles ailleurs.
  • Les antécédents entre supporters justifient la prudence L'interdiction faite aux Lensois d'aller à Brest en avril 2026 faisait suite à des violences entre les deux camps un an plus tôt : agression d'un restaurant, blocage de la route, 22 interpellations. Quand des liens entre groupes ultras rivaux sont documentés, attendre l'incident pour agir coûte plus cher.

Les arguments contre

  • Les supporters de bonne foi paient pour une minorité Des milliers de supporters grecs ont annulé vols et hôtels, et plusieurs centaines déjà arrivés à Marseille sont repartis, selon l'Olympiakos. Une interdiction générale frappe les familles et les abonnés venus voir un match, pas seulement les ultras visés.
  • Une décision à 48 heures du match crée plus de désordre qu'elle n'en évite Interdiction le matin, abrogation dix heures plus tard, puis appel du club à ne pas venir : le match se jouera sans doute avec un parcage vide alors que des supporters sont encore en ville. Le quotidien grec Ta Néa rappelle que les risques étaient connus depuis des semaines.
  • Un dispositif encadré permet d'accueillir les visiteurs sans les interdire La préfecture elle-même a trouvé une solution en quelques heures : point de rendez-vous imposé, escorte jusqu'au stade, renforts policiers et circulation interdite hors du parcours. Ce type d'organisation existe pour les matchs à risque et évite de priver un club de ses supporters.

Sources

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