Approuvez-vous que le ministère de la Santé réponde lui-même aux fausses informations médicales sur les réseaux sociaux ?
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Le ministère de la Santé a présenté le 21 octobre un observatoire de la désinformation en santé ; des réponses aux fausses informations médicales seront diffusées notamment sur le compte TikTok « Le CheckUp ».
Le contexte
Le 21 octobre, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a présenté un observatoire de la désinformation en santé. Il doit assurer une veille continue et publier des baromètres et des travaux de recherche. Un second dispositif, l'infovigilance, s'appuiera sur des acteurs publics, dont les agences régionales de santé, pour faire remonter les « signaux faibles ». Les réponses des experts seront diffusées sur le site Santé.fr et sur le compte TikTok « Le CheckUp ».
Selon Sud Radio, le ministère pourra aussi, dans certains cas, répondre presque en direct, en commentaire, aux publications virales qui véhiculent de la désinformation. D'après Vidal, il a choisi TikTok parce que ce réseau « rassemble le plus de cas de désinformation » et touche les jeunes.
Un sondage en ligne mené en mars auprès d'environ 2 000 personnes, dévoilé le même jour, indique que 38 % des Français pensent être exposés au moins une fois par mois à de fausses informations de santé. Trois sur dix disent avoir déjà suivi une recommandation erronée, avec pour conséquence l'interruption d'un traitement (32 %) ou le retard d'une consultation (34 %).
« La désinformation en santé est un lent poison mortel », a déclaré la ministre. Aucune enveloppe spécifique n'est prévue : la veille est assurée par la direction de la communication du ministère, qui pourrait être « un peu renforcée ». Le pharmacologue Mathieu Molimard, coauteur d'un rapport remis au gouvernement en janvier, n'y voit « rien de nouveau ». Son rapport proposait plutôt un site d'information médicale indépendant du pouvoir politique, validé par un comité scientifique.
Les arguments pour
- Une désinformation qui éloigne des patients du soin appelle une réponse des pouvoirs publics Trois Français sur dix disent avoir déjà suivi une recommandation erronée. Parmi les conséquences citées : l'interruption d'un traitement (32 %) ou le retard d'une consultation (34 %). Le ministère estime que la désinformation peut « détourner les patients du soin ».
- Le ministère veut toucher les jeunes sur TikTok, réseau qu'il juge le plus touché par les intox Le ministère a choisi ce réseau parce qu'il « rassemble le plus de cas de désinformation » et qu'il permet de toucher les jeunes. Dans certains cas, il pourra répondre presque en direct, en commentaire, aux publications virales.
Les arguments contre
- Des experts préconisent une information médicale indépendante du pouvoir politique Le rapport coécrit par Mathieu Molimard plaidait pour un site d'information médicale grand public, indépendant des autorités politiques et validé par un comité scientifique. Dans le dispositif retenu, la veille est assurée par la direction de la communication du ministère, même si l'observatoire s'appuie sur une expertise scientifique indépendante.
- Sans budget dédié, le dispositif risque de rester symbolique Aucune enveloppe spécifique n'est prévue : la veille est assurée par la direction de la communication, qui pourrait être tout au plus « un peu renforcée ». Pour Mathieu Molimard, « c'est une idée obsolète, surtout sans moyens ».
Sources
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