Faut-il obliger, dans toute l'Union européenne, les employeurs à aménager le travail des salariées gênées par la ménopause ?
· Travail et protection sociale
La Confédération européenne des syndicats réclame que la ménopause soit reconnue dans le droit du travail de l'Union, avec des aménagements de poste et d'horaires, rapporte Euronews le 17 octobre.
Le contexte
La Confédération européenne des syndicats (CES), qui revendique 45 millions de membres dans 41 pays, veut que la ménopause soit reconnue dans le droit du travail de l'Union européenne, rapporte Euronews le 17 octobre. Selon elle, le manque de soutien au travail coûte aux femmes des revenus, des perspectives de carrière et des droits à la retraite.
La CES demande que l'évaluation des risques au travail tienne compte de la température, de la ventilation et des installations, et réclame des équipements adaptés. Elle veut aussi des horaires flexibles, le télétravail, la formation des managers et des politiques négociées avec les syndicats. Aujourd'hui, ces protections relèvent surtout du droit national et des choix des employeurs. La Commission européenne a inclus la ménopause dans sa stratégie pour l'égalité de genre 2026-2030, avec un échange de bonnes pratiques et une étude prévue en 2028, des mesures qui ne créent pas de droits spécifiques au travail, selon Euronews.
La ménopause survient en général entre 45 et 55 ans. Environ 85 % des femmes ont au moins un symptôme, et environ 30 % ont des symptômes qui gênent leur travail, selon les chiffres cités par Euronews. Une étude norvégienne mise en avant par la CES mesure une baisse de revenu de 7,4 % la quatrième année après un diagnostic de ménopause.
En France, l'Institut Montaigne estime à 1,8 milliard d'euros par an le coût des arrêts maladie et à 500 millions la perte de productivité, pour 6,2 millions de femmes actives de 45 à 55 ans, selon Economie Matin. Le gouvernement a présenté le 15 octobre des mesures de santé lors des premières Assises de la ménopause.
Les arguments pour
- Sans aménagements, des carrières de femmes ralentissent Selon une étude norvégienne citée par la CES, le revenu des femmes baisse de 7,4 % la quatrième année après un diagnostic de ménopause, du fait de la réduction du temps de travail, des arrêts maladie et de promotions manquées, rapporte Euronews.
- Mieux accompagner les salariées pourrait limiter un coût élevé L'Institut Montaigne chiffre à 1,8 milliard d'euros par an le coût des arrêts maladie liés à la ménopause en France, et à 500 millions la perte de productivité, selon Economie Matin. Des aménagements de poste pourraient réduire une partie de ces arrêts.
- Le droit du travail reste pensé pour des métiers masculins Pour Isabelle Schömann, secrétaire générale adjointe de la CES, la législation reste centrée sur les métiers masculins et néglige les risques pour la santé des femmes liés au travail, rapporte Euronews.
Les arguments contre
- Des accords collectifs prévoient déjà des aménagements Selon Isabelle Schömann, secrétaire générale adjointe de la CES, des conventions collectives négociées par les syndicats prévoient déjà des aménagements du lieu de travail et des horaires flexibles, rapporte Euronews. Une obligation uniforme laisserait moins de place à ces solutions adaptées à chaque métier.
- Toutes les salariées ne sont pas gênées au travail Environ 30 % des femmes ont des symptômes qui affectent leur travail, selon les chiffres cités par Euronews. Une obligation générale imposerait des règles pour toutes, là où un suivi au cas par cas peut suffire.
Sources
- Les syndicats réclament une loi européenne sur la ménopause au travail, Euronews (2026)
- Ménopause : l'inaction coûte 2,3 milliards d'euros par an à la France, Economie Matin (2026)
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