Emmanuel Macron doit-il rectifier ses propos sur l'attaque de Trappes ?
· Politique et démocratie
Emmanuel Macron a présenté l'attaque du 23 octobre à Trappes comme le premier acte terroriste planifié pour tuer des Français en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur prête, une formule contestée par plusieurs responsables.
Le contexte
Vendredi 23 octobre, un homme a tiré depuis un véhicule sur des passants à Trappes et à La Verrière (Yvelines). Une personne a été tuée et cinq ont été blessées, dont une fillette de 12 ans, selon Euronews. Le suspect, âgé de 39 ans, a été interpellé à Coignières, selon la même source. Le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste, commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion, rapporte LCP.
Sur place, le soir même, Emmanuel Macron a parlé d'« un tournant dans la vie de notre République et de notre nation », selon Euronews. Il a ajouté, d'après Europe 1, que « c'est la première fois qu'il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes », « nos enfants, à raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne ».
Les critiques et la précision de l'Élysée
Jordan Bardella (RN) a jugé la déclaration fausse, en citant des attentats antérieurs visant des juifs et des catholiques. Le député PS Jérôme Guedj appelle à proscrire toute « compétition victimaire ». Le président du Crif, Jonathan Arfi, réclame une mise au point. Sarah Knafo a dénoncé un président qui « choisit ses morts ».
L'Élysée a précisé que le chef de l'État parlait du « premier attentat raciste sur le fondement de la couleur de peau ». Cette précision n'a pas empêché la polémique, selon Europe 1.
Les arguments pour
- Des Français ont déjà été tués pour leur religion dans des attentats Jordan Bardella rappelle les victimes juives de l'école Ozar Hatorah à Toulouse et de l'Hyper Cacher, le père Hamel et les fidèles de la basilique Notre-Dame de Nice, rapporte Europe 1.
- Un président ne doit pas donner l'impression de hiérarchiser les victimes Pour le député PS Jérôme Guedj, il faut proscrire toute « compétition victimaire ». Sarah Knafo accuse le chef de l'État de choisir ses morts, selon Europe 1.
Les arguments contre
- L'Élysée a déjà précisé le sens de la phrase L'Élysée a précisé que le président parlait du « premier attentat raciste sur le fondement de la couleur de peau », rapporte Europe 1. Cette précision limite la formule aux victimes visées pour leur couleur de peau.
- Après une attaque, la priorité doit être l'apaisement plutôt que la polémique Le jour de l'attaque, avant les propos d'Emmanuel Macron, le président du Sénat, Gérard Larcher, a appelé à « retrouver le chemin de l'apaisement et de la paix civile », rapporte LCP.
Sources
- « Le président choisit ses morts » : Emmanuel Macron vivement critiqué pour ses propos après l'attentat de Trappes, Europe 1 (2026)
- Fusillade dans les Yvelines : l'Élysée dénonce un « attentat terroriste raciste », Euronews (2026)
- « La haine doit cesser » : l'émotion de la classe politique après l'attaque dans les Yvelines, LCP (2026)
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