Approuvez-vous le remplacement de cours par des temps de débat dans les lycées mobilisés ?

· Éducation

Pour apaiser la mobilisation lycéenne, le gouvernement a remplacé une partie des cours par une demi-journée de « démocratie interne » dans chaque lycée, ce que contestent des chefs d’établissement.

Salle de classe vide avec un tableau vert, un bureau et des rangées de tables (photo d’illustration).
Ivan Aleksic / Unsplash, licence Unsplash, recadrage 3:4

Le contexte

Après la forte mobilisation du mardi 6 octobre, la reprise des cours n’a pas été tout à fait normale. À la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu, chaque lycée consacre jusqu’à la fin de la semaine une demi-journée à un temps de « démocratie interne », organisé par l’équipe de direction. Les recteurs doivent ensuite faire remonter les plaintes des élèves au ministère de l’Éducation nationale.

Le mouvement est parti de la région parisienne le 17 septembre. Les lycéens réclament plus de professeurs et de moyens, dénoncent la pression de Parcoursup, les absences non remplacées et les bâtiments dégradés. Le 2 octobre, 400 à 500 lycées sur 3 700 avaient suspendu les cours, et 24 établissements ont été incendiés ou saccagés depuis le début du mouvement.

Des chefs d’établissement réticents

Le SNPDEN-UNSA, principal syndicat de proviseurs, refuse d’organiser ces temps d’échange tant que le climat ne s’est pas apaisé. Son secrétaire national, Nicolas Bonnet, réclame plutôt un professeur devant chaque classe après la Toussaint et une réforme de Parcoursup. Le syndicat de l’enseignement privé Snec-CFTC juge qu’une journée de dialogue ne suffira pas.

À droite, Bruno Retailleau parle de « câlinothérapie » et Éric Zemmour de « capitulation ». Dans son allocution du 7 octobre, Sébastien Lecornu n’a annoncé aucun moyen supplémentaire et promis de premières décisions à la fin du mois.

Les arguments pour

  • Donner la parole aux élèves dans leur lycée plutôt que dans la rue Après des journées de blocages, de heurts et d’interpellations, un temps d’échange encadré par les équipes offre aux lycéens un lieu pour exprimer leurs griefs sans manifester. C’est une façon de faire baisser la tension avant de reprendre un rythme normal.
  • Les plaintes des élèves arriveront noir sur blanc au ministère Chaque recteur doit faire remonter les doléances recueillies, alors que le gouvernement promet ses premières décisions fin octobre. Les problèmes concrets, comme les professeurs absents non remplacés ou les emplois du temps incohérents, seront documentés lycée par lycée.

Les arguments contre

  • Encore des heures de cours perdues, après des jours de blocage Des centaines de lycées ont déjà fermé ou fonctionné au ralenti depuis la mi-septembre. Retirer une demi-journée supplémentaire de cours creuse encore le retard dans les programmes, au détriment notamment des élèves de terminale qui préparent le bac.
  • Parler ne remplace pas les professeurs qui manquent Les proviseurs du SNPDEN estiment que ces débats ne règlent rien sur le fond. Ce que réclament élèves et personnels, ce sont des enseignants devant chaque classe, et le Premier ministre n’a annoncé aucun moyen supplémentaire.
  • Les équipes ne peuvent pas animer un débat serein en pleine tension Le principal syndicat de chefs d’établissement refuse d’organiser ces temps d’échange tant que le climat n’est pas apaisé. Dans des lycées où des personnels ont été pris pour cible, improviser une assemblée générale peut raviver les conflits au lieu de les calmer.

Sources

Sondage clos le .

Donner mon avis : OUI ou NON