Liriez-vous un roman dont le premier jet a été écrit par une IA ?

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Robert Laffont publiera en février 2027 « Les Touches fantômes », un roman de Sébastien Bailly dont le premier jet a été produit en grande partie par une intelligence artificielle.

Un carnet ouvert couvert d'écriture manuscrite, avec un stylo posé sur la page.
Aaron Burden / Unsplash (licence Unsplash), recadrage 3:4

Le contexte

La maison Robert Laffont publiera en février 2027 « Les Touches fantômes », troisième roman de Sébastien Bailly. Selon le Journal du Geek, le premier jet a été produit en grande partie par une IA. L'auteur a ensuite retravaillé le manuscrit pendant de longs mois, à travers une trentaine de versions successives.

Interrogé par Noovo Info, Sébastien Bailly raconte avoir d'abord fait générer une vingtaine de chapitres, avec l'accord de son éditeur. Il estime qu'il reste entre 2 % et 20 % du texte initial, selon la façon de compter. Il assure que l'IA l'a plutôt freiné : « Avec l'IA, on passe plus de temps à dire non ».

L'éditeur ne cache pas la méthode. Un texte placé en ouverture du livre la signalera, et une postface détaillera les conditions de création. Robert Laffont dit vouloir rappeler qu'une IA ne produit jamais un bon texte sans un bon auteur derrière.

Lecteurs et éditeurs face à l'IA

Selon une enquête Ipsos BVA pour le CESI citée par le Journal du Geek, 69 % des Français estiment qu'un texte écrit par IA n'est pas de la vraie littérature, et 92 % veulent que son usage soit signalé sur la couverture.

Le groupe Madrigall, qui possède notamment Gallimard et Flammarion, fera passer à partir de janvier 2027 les manuscrits qu'il reçoit au crible d'un logiciel de détection d'IA, au risque de faux positifs. La rentrée a aussi été marquée par la polémique autour de « C'était ça ou mourir », de Thélyson Orélien, prix Goncourt, accusé d'avoir été en grande partie écrit par une machine, ce qu'il conteste en partie.

Les arguments pour

  • L'usage de l'IA est annoncé dans le livre lui-même La méthode sera expliquée dès l'ouverture, puis détaillée dans une postface. Elle est assumée, contrairement au roman de Thélyson Orélien, soupçonné d'avoir été écrit en grande partie par une machine.
  • L'écrivain a réécrit l'essentiel du texte Sébastien Bailly a retravaillé le manuscrit sur une trentaine de versions et estime n'avoir conservé qu'entre 2 % et 20 % du texte généré.

Les arguments contre

  • La part du texte venue de l'IA reste floue L'auteur lui-même estime qu'il reste entre 2 % et 20 % du texte de l'IA, selon le mode de calcul. Un écart aussi large laisse le lecteur dans le flou sur ce qu'il lit.
  • Un roman né d'une IA perd une part de la voix de son auteur 69 % des Français estiment qu'un texte écrit par IA n'est pas de la vraie littérature, selon une enquête Ipsos BVA pour le CESI.

Sources

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