Faut-il plafonner par la loi l'écart de salaire à 1 pour 20 dans chaque entreprise ?
· Économie et consommation
Le programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon, publié le 6 novembre, prévoit un écart de salaire maximal de 1 à 20 dans les entreprises.
Le contexte
Le 6 novembre, La France insoumise a publié le programme de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2027, « L'Avenir en commun » : 212 pages et 1 069 mesures, selon le parti. Parmi les mesures sur les salaires figurent un Smic porté à 1 700 euros nets et un écart de salaire maximal de 1 à 20 dans les entreprises, détaille LCP.
Jean-Luc Mélenchon et Anne Hidalgo défendaient déjà cet écart maximal lors de la présidentielle de 2022, selon Carenews. Une conférence sociale sur les salaires et le pouvoir d'achat, réunissant syndicats et patronat, était par ailleurs annoncée pour le 9 novembre à Matignon, selon LCP.
Écarts actuels et plafonds existants
Selon un rapport d'Oxfam publié en avril 2023 sur les 100 plus grandes entreprises françaises, l'écart moyen entre la rémunération du PDG et le salaire moyen est passé de 64 à 97 entre 2011 et 2021. La rémunération des PDG aurait progressé de 66 %, contre 21 % pour les salariés. Chez Teleperformance, le PDG gagnerait 1 484 fois le salaire moyen de l'entreprise, toujours selon Oxfam.
Des plafonds existent déjà dans certains secteurs. Depuis un décret de 2012, les dirigeants d'entreprises publiques comme EDF ou La Poste ne peuvent pas toucher plus de 450 000 euros par an. Dans l'économie sociale et solidaire, l'agrément Esus limite la rémunération du salarié le mieux payé à dix fois le Smic.
Les arguments pour
- Dans les grandes entreprises, la paie des PDG a grimpé trois fois plus vite que celle des salariés Selon Oxfam, entre 2011 et 2021, la rémunération des PDG des 100 plus grandes entreprises françaises a progressé de 66 %, contre 21 % pour les salariés. Un plafond lierait la paie du sommet à celle du reste de l'entreprise.
- Le plafond obligerait à mieux répartir les salaires dans l'entreprise Plusieurs économistes de gauche, dont Jacques Généreux, jugent la mesure efficace pour mieux redistribuer les richesses et augmenter les plus bas salaires, selon Carenews. Dans une entreprise déjà à l'écart maximal, le salaire le plus haut ne pourrait monter que si le plus bas monte aussi.
Les arguments contre
- La mesure serait facile à contourner Selon des voix critiques citées par Carenews, les entreprises pourraient verser des rémunérations sous d'autres formes, comme des revenus financiers ou des avantages en nature. Ces critiques estiment aussi qu'un plafond pousserait les grandes entreprises à effectuer davantage d'optimisation fiscale.
Sources
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