Accepteriez-vous que votre bureau de poste soit remplacé par un relais chez un commerçant ?
· Économie et consommation
Selon une liste obtenue par le syndicat Sud PTT, La Poste envisage de transformer 471 bureaux de plein exercice en agences postales communales ou en relais commerçants entre fin 2025 et 2027.
Le contexte
Cinq bureaux à Lyon, huit à Marseille, sept à Strasbourg, trois à Grenoble, et surtout des centaines de communes de moins de 5 000 habitants : une carte révélée par Mediapart et établie par le syndicat Sud PTT recense 471 bureaux de poste appelés à changer de forme. Le syndicat a obtenu cette liste grâce aux comités sociaux et économiques de l'entreprise, qui doivent être informés des conséquences pour le personnel. La période couverte va de décembre 2025 à décembre 2026, voire au premier semestre 2027.
Ce que change un relais
Un bureau de poste de plein exercice permet d'effectuer environ 150 opérations. Une agence postale communale, gérée par la mairie, ou un relais poste chez un commerçant, n'en assurent qu'une dizaine : pas de services bancaires, à part un retrait d'espèces en dépannage, et pas d'ouverture de compte. Pour les clients de La Banque Postale, cela signifie un trajet plus long jusqu'au bureau le plus proche.
La réponse de La Poste
L'entreprise conteste l'existence d'une « liste de fermetures » et parle d'une « liste de discussion et de travail avec les élus locaux », dans le cadre de la convention qui la lie à l'État et aux maires de France. Elle invoque « un contexte d'évolution profonde des usages des clients » et une « baisse continue de la fréquentation des points de contact postaux », assure qu'il n'y aura pas de suppression de postes et rappelle qu'elle conserve 17 000 points de contact. Début juillet, le groupe avait présenté un plan stratégique à l'horizon 2031 : plus de colis et d'assurances, moins de courrier.
Sud PTT avance ses propres chiffres : un bureau coûte environ 50 000 euros par an, les agences communales ont reçu 102 millions d'euros en 2025 et les relais commerçants 8 millions par an, alors que La Poste a dégagé 1,2 milliard d'euros de bénéfice en 2025. Entre 2005 et 2025, 6 881 bureaux ont déjà fermé, soit 344 par an en moyenne. La CGT-FAPT parle d'un « abandon des territoires » ; la CFDT souligne que certains agents devront faire davantage de trajets.
Les arguments pour
- Maintenir un guichet peu fréquenté coûte cher pour peu d'usagers La Poste constate une baisse continue de la fréquentation de ses points de contact, et Sud PTT lui-même chiffre un bureau à environ 50 000 euros par an entre l'agent, les locaux et le matériel. Là où les clients ne viennent plus, un relais chez un commerçant garde un service de base à moindre coût.
- La présence postale reste assurée, sans suppression de poste Selon La Poste, les 17 000 points de contact sont maintenus et aucun emploi n'est supprimé : les bureaux changent de forme, mais chaque habitant conserve un point de contact postal près de chez lui. Les évolutions se discutent avec les élus dans le cadre de la convention signée avec l'État et les maires.
Les arguments contre
- Un relais ne fait qu'une dizaine d'opérations, sans services bancaires Contre environ 150 opérations dans un bureau de plein exercice, un relais commerçant ou une agence communale ne propose ni ouverture de compte ni opération bancaire, hormis un retrait de dépannage. Pour les clients de La Banque Postale, cela signifie des kilomètres de plus pour une démarche simple.
- La facture est transférée aux communes et à l'État D'après Sud PTT, les agences communales ont coûté 102 millions d'euros d'argent public en 2025 et les relais commerçants 8 millions par an, pendant que La Poste dégageait 1,2 milliard d'euros de bénéfice. Chaque bureau transformé déplace une charge de l'entreprise vers la collectivité.
Sources
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