Approuvez-vous l’intervention des forces de l’ordre en cas de blocage total d’un lycée ?

· Éducation

Une circulaire des ministres de l’Intérieur et de l’Éducation nationale du 26 septembre prévoit l’intervention des forces de sécurité en cas de blocage total d’un lycée.

Le contexte

Parti le 17 septembre d’un lycée de Créteil, le mouvement de blocage s’est étendu à tout le pays. Le 1er octobre, 1 027 lycées sur environ 3 700 étaient perturbés, et près de 400 sont restés fermés le lendemain, selon le bilan relayé par Public Sénat. Les lycéens dénoncent les professeurs absents non remplacés, les classes chargées, le manque d’infirmières et de surveillants, des emplois du temps jugés épuisants, des bâtiments dégradés et la pression de Parcoursup.

Le 26 septembre, Laurent Nuñez et Édouard Geffray ont adressé aux préfets et aux recteurs une circulaire qui fait état, depuis le 18 septembre, de tentatives de blocage accompagnées de jets de projectiles et de mortiers, de violences et de dégradations. Elle prévoit l’intervention des forces de sécurité en cas de blocage total, en lien avec le chef d’établissement, et des interpellations en cas de violences. Pour le ministre de l’Éducation, exprimer des revendications est un droit, mais pas frapper, menacer, brûler ou empêcher les autres d’étudier.

Le 1er octobre a été marqué par de nombreuses violences : environ 2 000 interpellations, plus de 300 policiers et gendarmes blessés selon le ministère de l’Intérieur, 65 personnels de l’Éducation nationale blessés, dont 40 chefs d’établissement, et 170 élèves blessés. Plus d’une centaine de lycées ont subi de lourdes dégradations, estimées à 7 millions d’euros en Île-de-France. Selon le Café pédagogique, des violences lors d’interventions ont été signalées à Tours, Montrouge, Reims ou Alençon.

Le ministère a aussi annoncé une plateforme de consultation des élèves, la réunion sous 48 heures des conseils académiques de la vie lycéenne et des cours à distance lorsque la sécurité empêche d’accueillir les élèves. Le SE-Unsa y voit une première réponse, mais tardive ; le SNPDEN, syndicat des chefs d’établissement, reconnaît des revendications légitimes tout en condamnant les violences ; SUD éducation dénonce la répression du mouvement. Le gouvernement accuse La France insoumise d’instrumentaliser les jeunes, ce que conteste son coordinateur Manuel Bompard. Une journée de mobilisation lycéenne et étudiante est prévue le 6 octobre.

Les arguments pour

  • Les élèves qui veulent suivre les cours peuvent retourner en classe Un blocage total ferme l’établissement à tous, y compris aux élèves qui ne participent pas au mouvement : le 2 octobre, près de 400 lycées sont restés fermés. Pour le ministre de l’Éducation, empêcher les autres d’étudier ne relève pas du droit d’expression, et l’intervention vise à rétablir cet accès.
  • Des personnels ont été blessés aux portes des lycées La circulaire du 26 septembre fait état de jets de projectiles et de mortiers. Le 1er octobre, 65 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés, dont 40 chefs d’établissement. Ceux-ci ne peuvent pas faire cesser seuls des violences ou interpeller leurs auteurs.
  • Les dégradations atteignent déjà 7 millions d’euros en Île-de-France Plus d’une centaine de lycées ont été lourdement dégradés depuis le début du mouvement, selon Public Sénat. Ces dégâts touchent des bâtiments que les lycéens jugent eux-mêmes vétustes, et leur réparation pèsera sur des budgets publics.

Les arguments contre

  • Face aux forces de l’ordre, des mineurs risquent d’être blessés Le 1er octobre, 170 élèves ont été blessés, selon le bilan relayé par Public Sénat, sans que ce chiffre distingue les causes. Des violences lors d’interventions ont été signalées à Tours, Montrouge, Reims ou Alençon, et SUD éducation dénonce la répression du mouvement.
  • Lever un blocage par la force ne règle pas le manque de professeurs Les lycéens protestent contre des postes non remplacés, des classes chargées et le manque d’infirmières. Une réponse centrée sur l’ordre public laisse ces causes intactes ; le SE-Unsa reproche au ministère de n’avoir réagi qu’en craignant de perdre le contrôle de la situation.

Sources

Sondage clos le .

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