Faut-il interdire les publicités pour les jeux d'argent sur les réseaux sociaux ?

· Santé

Selon une étude de l'Arpej menée avec l'Autorité nationale des jeux et publiée le 19 octobre, 68,9 % des 15-17 ans qui jouent à des jeux vidéo intégrant des mécaniques de jeux d'argent déclarent avoir été exposés à des publicités les incitant à parier, principalement sur TikTok et Instagram.

Main tenant un smartphone affichant le logo de TikTok
Photo Solen Feyissa, Unsplash (licence Unsplash) ; recadrée en 3:4

Le contexte

Selon « une étude de l'Arpej publiée lundi 19 octobre » avec l'Autorité nationale des jeux (ANJ), auprès de « 5.000 mineurs de 15 à 17 ans en 2025 », « lorsqu'ils jouent à des jeux hybrides », « 68,9 % des adolescents déclarent avoir été exposés à des publicités les incitant à aller parier sur les jeux d'argent et de hasard, principalement sur les réseaux sociaux, TikTok et Instagram ». L'Arpej avait déjà indiqué en février, sur les premiers résultats de cette étude, que « 42,6 % des mineurs interrogés déclaraient avoir joué au moins une fois à des jeux d'argent et de hasard » au cours des douze mois précédents, « surtout de grattage et de tirage vendus dans des points de vente physiques ».

Casinos sociaux, boîtes à butin et pronostics virtuels

L'étude s'intéresse aux « jeux numériques hybrides ». « Sont considérés comme jeux numériques hybrides (JNH) les jeux de casinos sociaux », « comme CrownCoins ou McLuck », « les jeux avec boîtes à butin (FC Ultimate team, Genshin Impact) » ou encore « ceux de pronostics sportifs virtuels », entre autres, détaille la dépêche ATS. « 39% des mineurs interrogés déclarent avoir joué à ce type de jeu au cours des trois mois précédant l'étude » et « 15,6% effectuent des dépenses en lien avec ces jeux. »

L'alerte de l'ANJ en février

En février 2026, les premiers résultats de cette enquête (42,6 % de joueurs sur douze mois, chiffre repris par l'Arpej) montraient déjà que « les adolescents sont de plus en plus exposés aux jeux d'argent et de hasard » et que « près d'un adolescent sur dix présente un niveau de vulnérabilité préoccupant face à l'argent et au hasard ». La présidente de l'ANJ, Isabelle Falque-Pierrotin, avertissait : « Plus le jeu d'argent est précoce, plus le risque d'addiction est grand ». D'après ces mêmes résultats, « 65 % des jeunes joueurs indiquent avoir accédé aux jeux d'argent par l'intermédiaire de leurs parents en point de vente. »

Les arguments pour

  • Sept jeunes joueurs sur dix ont vu des publicités pour parier, surtout sur TikTok et Instagram Chez les 15-17 ans qui jouent à des jeux vidéo intégrant des mécaniques de jeux d'argent, 68,9 % disent avoir vu des publicités les incitant à parier, principalement sur TikTok et Instagram, selon l'étude de l'Arpej. Ces réseaux sont donc le premier canal par lequel la promotion du jeu atteint des adolescents.
  • Plus on commence tôt, plus le risque d'addiction est grand, prévient la présidente de l'ANJ La présidente de l'Autorité nationale des jeux l'affirmait en février : « Plus le jeu d'argent est précoce, plus le risque d'addiction est grand », et près d'un adolescent sur dix présente déjà un niveau de vulnérabilité préoccupant. Si l'âge de la première mise pèse autant, limiter les incitations à parier là où les adolescents les voient le plus est un levier direct pour la retarder.

Les arguments contre

  • Le vrai accès au jeu passe par les parents et les points de vente, pas par une pub en ligne D'après l'enquête ANJ-Arpej, les mineurs jouent « surtout » à des jeux « de grattage et de tirage vendus dans des points de vente physiques », et 65 % des jeunes joueurs disent y avoir accédé par l'intermédiaire de leurs parents. Interdire des publicités en ligne ne change rien à un jeu de grattage acheté en point de vente avec les parents.
  • Interdire sur les réseaux sociaux ne fait que déplacer les publicités ailleurs L'étude dit que les adolescents sont « principalement » exposés sur TikTok et Instagram, pas exclusivement. Une interdiction limitée aux réseaux sociaux laisse les annonceurs reporter leurs budgets vers les autres supports que fréquentent les mêmes jeunes.

Sources

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