Approuvez-vous que les préfets interdisent, les 24 et 25 octobre, les manifestations qui ne sont pas organisées par des syndicats ?

· Politique et démocratie

Emmanuel Macron a annoncé le 22 octobre que les préfets interdiraient « partout où on le peut » les manifestations des 24 et 25 octobre qui ne sont pas déclarées par des syndicats.

Un policier casqué de dos, face à une foule de manifestants dans une rue de Paris
Photo Oscar Brouchot, Unsplash (licence Unsplash), Paris, 2022 ; recadrée en 3:4

Le contexte

Le jeudi 22 octobre, à la sortie d'une réunion avec les services de renseignement, Emmanuel Macron a fixé la règle pour le samedi 24 et le dimanche 25 octobre. Seules les manifestations déclarées par des syndicats pourront être autorisées, sur des tracés qui protègent les centres-villes. « Quand ce ne sont pas des organisations syndicales, partout où on le peut, on interdira pour que le calme soit là », a déclaré le chef de l'État.

Il vise les demandes déposées par « des gens qui n'ont aucune légitimité pour cela ». À Paris, le cortège de la CGT entre Bastille et Nation est autorisé, mais la préfecture de police a annoncé un arrêté d'interdiction contre le parcours prévu de la Bastille à l'Opéra par le collectif étudiant Interfac et des gilets jaunes. À Lyon, la préfecture du Rhône interdit toute manifestation samedi. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a précisé que les interdictions se feraient « au cas par cas ». Elles peuvent être contestées devant le tribunal administratif.

L'annonce intervient cinq jours après le 17 octobre, quand des casseurs et des pilleurs ont frappé environ 3 000 commerces en France, selon Sud Radio. Emmanuel Macron attribue ces violences à des groupes d'ultragauche. La procureure de Paris, Laure Beccuau, a de son côté indiqué qu'aucune des 557 personnes placées en garde à vue après les violences parisiennes n'avait revendiqué de mobile politique.

Les effectifs de police et de gendarmerie seront supérieurs de 20 % à ceux du 17 octobre, selon le ministre délégué Jean-Didier Berger. Ce week-end, lycéens et étudiants ne pourront pas demander eux-mêmes un tracé en préfecture. Les députés de La France insoumise dénoncent une atteinte au droit de manifester.

Les arguments pour

  • Les commerçants touchés le 17 octobre redoutent un nouveau samedi de casse Environ 3 000 commerces ont été touchés le 17 octobre. Le président de CCI France, Alain Di Crescenzo, demande de « faire une pause » dans les manifestations, au moins le 24 octobre. Selon lui, la période qui va jusqu'à fin décembre représente environ 40 % du chiffre d'affaires annuel des commerçants.
  • Les cortèges syndicaux restent possibles, sur des tracés qui évitent les centres-villes La mesure n'interdit pas toutes les manifestations. À Paris, le cortège de la CGT entre Bastille et Nation est maintenu. Pour les autres demandes syndicales, les préfets proposeront des tracés alternatifs, destinés selon la doctrine présentée par l'Élysée à protéger les centres-villes, leurs commerces et leurs bâtiments publics.

Les arguments contre

  • Ce week-end, lycéens, étudiants et gilets jaunes ne peuvent pas organiser leur propre cortège Ils ne peuvent pas déposer de parcours en préfecture les 24 et 25 octobre, et le défilé prévu à Paris par le collectif Interfac et des gilets jaunes doit faire l'objet d'un arrêté d'interdiction. Pour le député LFI Aurélien Saintoul, « Le droit de manifester est individuel et inconditionnel ».
  • Selon LFI, interdire des cortèges risque de provoquer des débordements Pour le député LFI Éric Coquerel, interdire ces manifestations est « le genre même de décision susceptible de générer le chaos ». Un cortège interdit n'a pas de parcours convenu avec la préfecture s'il se forme malgré tout.

Sources

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