Faut-il interdire les LBD et les grenades explosives dans toutes les manifestations ?

· Justice et sécurité

Le 6 novembre, des avocats de manifestants blessés ont annoncé saisir la Cour de justice de la République contre Laurent Nuñez pour l'usage de ces armes.

Des policiers anti-émeute casqués derrière leurs boucliers, près de la fumée d'un fumigène, dans une rue de Paris.
Pierre-Louis Mièze / Unsplash (licence Unsplash), Paris, recadrage 3:4

Le contexte

Le vendredi 6 novembre, les avocats d'au moins 18 personnes blessées lors des manifestations des dernières semaines ont annoncé qu'ils allaient saisir la Cour de justice de la République contre le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Leur plainte porte principalement sur l'utilisation de lanceurs de balles de défense (LBD) et de grenades explosives.

Selon un décompte de l'AFP, au moins 20 personnes, dont de nombreux adolescents, ont été grièvement blessées depuis la mi-septembre. Au 30 octobre, l'Inspection générale de la police nationale avait été saisie de 105 enquêtes : 52 liées au mouvement lycéen, 48 aux violences des 17 et 18 octobre et 5 à des faits du 24 octobre. La mobilisation du 17 octobre a aussi été marquée par des pillages et des violences en marge des manifestations, et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur propose depuis de créer un « délit de pillage ».

La plainte visant le ministre

Me Arié Alimi accuse le ministre d'avoir ordonné l'usage d'armes qu'il sait mutilantes, alors qu'elles ne devraient pas servir au maintien de l'ordre selon lui. Une plainte collective doit être déposée d'ici trois semaines. La Ligue des droits de l'Homme, par la voix de sa vice-présidente Emmanuelle Jourdan-Chartier, réclame un autre maintien de l'ordre et l'interdiction des armes qu'elle juge non discriminantes.

La position de Laurent Nuñez

Laurent Nuñez dit regretter les blessés. Il rappelle que les policiers et les gendarmes qui engagent la force le font dans un cadre légal, juge l'« armement intermédiaire » indispensable et se dit prêt à répondre de toute plainte.

Les arguments pour

  • Ces armes ont gravement blessé au moins vingt personnes, dont de nombreux adolescents Depuis la mi-septembre, au moins 20 personnes ont été grièvement blessées selon l'AFP. Les avocats des victimes accusent le ministre d'avoir ordonné l'usage d'armes qu'il sait mutilantes, et au 30 octobre, l'Inspection générale de la police nationale avait été saisie de 52 enquêtes liées au seul mouvement lycéen.
  • D'autres méthodes de maintien de l'ordre existent Selon Me Arié Alimi, ces armes ne servent pas au maintien de l'ordre dans les autres pays européens. La Ligue des droits de l'Homme réclame un autre maintien de l'ordre, et ces armes sont régulièrement critiquées par les organisations de défense des droits humains.

Les arguments contre

  • Les forces de l'ordre ont besoin de ces armes face aux casseurs Le 17 octobre, la mobilisation a été marquée par des pillages et des violences en marge des cortèges. Laurent Nuñez juge l'armement intermédiaire indispensable à l'activité des forces de sécurité et rappelle que policiers et gendarmes qui engagent la force le font dans un cadre légal.
  • Les abus peuvent déjà être poursuivis au cas par cas L'Inspection générale de la police nationale a été saisie de 105 enquêtes au 30 octobre, et les blessés peuvent porter plainte, jusqu'à viser le ministre devant la Cour de justice de la République. Sanctionner les mauvais usages permet de garder un outil que le ministre juge indispensable, sans en priver tous les policiers.

Sources

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