Approuvez-vous l’interdiction d’utiliser les cheminées à foyer ouvert dans la métropole lilloise ?

· Environnement et énergie

À partir du 1er novembre 2026, les cheminées à foyer ouvert ne pourront plus être utilisées dans les communes de la Métropole européenne de Lille, même en appoint.

Feu de bûches de chêne dans une cheminée ancienne à foyer ouvert.
Jean-Christophe Monnard / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/ — recadrage ; illustration, 2016.

Le contexte

Le plan de protection de l’atmosphère des agglomérations de Lille et du bassin minier, approuvé le 1er août 2025, prévoit qu’à compter du 1er novembre 2026 il ne sera plus possible d’utiliser une cheminée à foyer ouvert dans les communes de la Métropole européenne de Lille. La règle vaut pour un chauffage principal comme pour un feu d’appoint. Les foyers fermés, les inserts et les poêles restent autorisés.

La préfecture justifie la mesure par la pollution aux particules fines : sur ce territoire, près de 70 % des émissions de PM2,5 proviennent de la combustion du bois. Ces particules, d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres, pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire. À l’échelle nationale, Santé publique France attribue environ 40 000 décès par an à la pollution aux particules fines, chiffre repris par la préfecture de région.

Une cheminée ouverte chauffe mal. L’Ademe estime son rendement moyen à 15 % : l’essentiel de la chaleur part dans le conduit. Le même guide indique que brûler quatre bûches dans une cheminée ouverte émet autant de particules fines que 3 100 kilomètres parcourus avec un vieux diesel.

Rien n’oblige à remplacer l’équipement : il suffit de ne plus s’en servir. Pour continuer à se chauffer au bois, il faut passer à un insert ou à un poêle, que l’Ademe situe entre 1 000 et 6 000 € pour un insert. La Métropole verse une Prime Air de 1 000 à 2 850 € selon les revenus, cumulable avec MaPrimeRénov’, à condition de la demander avant les travaux.

Lille n’est pas la première agglomération concernée. Les foyers ouverts sont déjà interdits dans la vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, depuis 2022, autour de Grenoble et dans une large partie de l’agglomération lyonnaise.

Les arguments pour

  • Le bois brûlé est la première source de particules fines dans la métropole Près de 70 % des émissions de PM2,5 du territoire viennent de la combustion du bois, selon la préfecture. Ces particules sont associées à des maladies respiratoires et cardiovasculaires. Retirer les appareils les plus polluants vise directement la principale source de cette pollution.
  • Une cheminée ouverte pollue beaucoup pour très peu de chaleur Avec un rendement moyen de 15 %, une cheminée ouverte laisse partir l’essentiel de la chaleur par le conduit. L’Ademe compare quatre bûches brûlées ainsi à 3 100 km parcourus avec un vieux diesel. Un insert ou un poêle récent, toujours autorisé, tire bien plus de chaleur du même bois.
  • Le feu de bois reste possible, avec une aide pour s’équiper L’interdiction ne vise ni les poêles ni les inserts. Un ménage attaché au chauffage au bois peut s’équiper avec une Prime Air de 1 000 à 2 850 € selon ses revenus, cumulable avec MaPrimeRénov’. La mesure change l’appareil, pas le combustible.

Les arguments contre

  • Continuer à se chauffer au bois coûtera plusieurs milliers d’euros L’Ademe situe le prix d’un insert ou d’un foyer fermé entre 1 000 et 6 000 €. Même avec la Prime Air, la dépense peut rester lourde pour un ménage qui chauffait son logement avec sa cheminée, d’autant que l’aide doit être demandée avant les travaux.
  • L’interdiction touche aussi le feu allumé quelques soirs par an La règle s’applique au simple feu d’appoint, pas seulement au chauffage principal. Pour ceux qui y voient un usage relevant de la vie privée, interdire un feu chez soi va plus loin qu’inciter à mieux s’équiper, surtout pour un usage occasionnel.

Sources

Sondage clos le .

Donner mon avis : OUI ou NON