Approuvez-vous l'interdiction de vendre du carburant en bidon dans certaines villes pendant ce week-end de manifestations ?

· Justice et sécurité

En Côte-d'Or, en Saône-et-Loire et dans l'Eure, des préfets ont interdit la vente de carburant en bidon dans plusieurs communes jusqu'au lundi 26 octobre au matin.

Une main tient un pistolet de pompe à essence branché sur le réservoir d'une voiture rouge
Photo Wassim Chouak, Unsplash (licence Unsplash), prise au lac de Garde, Italie ; recadrée en 3:4

Le contexte

Plusieurs préfets ont pris des arrêtés pour le week-end des 24 et 25 octobre, marqué par de nouveaux appels à manifester une semaine après les violences des 17 et 18 octobre. Ils visent le carburant vendu en bidon et restreignent aussi la vente, le transport ou l'usage de certains pétards et artifices.

En Côte-d'Or, l'arrêté signé par la préfète Violaine Démaret vise cinq communes, dont Dijon et Chenôve, du vendredi 23 octobre à 8 heures au lundi 26 octobre à 8 heures. La vente et l'achat de carburant « dans tout récipient transportable » y sont interdits. Le plein du réservoir à la pompe reste autorisé, et un client peut obtenir une exception s'il démontre une nécessité justifiée. La préfecture dit vouloir limiter les risques de blessures, de départs de feu et de troubles à l'ordre public.

En Saône-et-Loire, dix communes sont concernées, dont Mâcon, Chalon-sur-Saône et Le Creusot. Mâcon et Chalon-sur-Saône ont connu des violences urbaines le week-end précédent, et les services de l'État jugent « très élevé » le risque qu'elles se reproduisent. Les exploitants agricoles et les professionnels munis d'une carte restent autorisés à acheter du carburant. Les gérants de station doivent afficher l'arrêté à chaque pompe.

Dans l'Eure, douze communes, dont Évreux, Vernon et Louviers, sont visées du samedi 6 heures au lundi 6 heures. La vente de carburant au détail hors véhicules et le transport de carburant y sont interdits, sans exemption mentionnée par la préfecture.

En Côte-d'Or et en Saône-et-Loire, les arrêtés peuvent être contestés devant le tribunal administratif de Dijon dans un délai de deux mois.

Les arguments pour

  • Priver les casseurs d'essence facile à transporter réduit les risques d'incendies volontaires La préfecture de Côte-d'Or justifie l'arrêté par le risque de départs de feu et de blessures. Mâcon et Chalon-sur-Saône ont connu des violences urbaines le week-end précédent. Pendant toute la durée des arrêtés, il n'est plus possible de s'approvisionner en essence transportable dans les stations de ces communes.
  • Les automobilistes peuvent toujours faire le plein de leur voiture La mesure vise le carburant transportable, pas le plein des véhicules à la pompe. En Saône-et-Loire, agriculteurs et professionnels sont exemptés, et en Côte-d'Or un client qui justifie d'un besoin peut obtenir une exception. Les arrêtés durent trois jours au plus.
  • L'interdiction allège la tâche de forces de l'ordre déjà mobilisées face à la menace terroriste En Saône-et-Loire, l'État rappelle que policiers et gendarmes seront fortement mobilisés ce week-end, dans un contexte de menace terroriste jugée particulièrement élevée et de plusieurs mouvements sociaux simultanés. Limiter les sources d'incidents allège leur tâche.

Les arguments contre

  • Une interdiction limitée à quelques communes se contourne en achetant son essence dans la commune voisine En Côte-d'Or, seules cinq communes sont concernées, et dix en Saône-et-Loire. Une personne décidée à nuire peut acheter son essence dans une commune non visée, tandis que les clients des stations concernées subissent la mesure.
  • Des habitants sans lien avec les violences doivent se justifier ou renoncer à leur achat En Côte-d'Or, un habitant qui veut remplir un bidon pour une tondeuse ou un engin doit justifier d'une nécessité. Dans l'Eure, aucune exception n'est mentionnée.

Sources

Vote ouvert jusqu’au .

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