Gianni Infantino mérite-t-il un nouveau mandat à la tête de la FIFA ?

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Victor Montagliani, présenté comme le principal rival de Gianni Infantino, renonce à se présenter à la présidence de la FIFA, dont l’élection aura lieu en mars 2027.

Réplique dorée du trophée de la Coupe du monde de football, avec son globe, sur fond sombre.
Photo : Nasif Tazwar / Unsplash, licence Unsplash (recadrage 3:4)

Le contexte

Gianni Infantino n’a plus d’adversaire de poids. Victor Montagliani, président de la Concacaf, la confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, ne se présentera pas contre lui, ont rapporté le 8 octobre ESPN, la BBC et The Guardian, cités par l’AFP. Il préfère briguer un nouveau mandat à la tête de sa confédération. Seul l’ancien international suisse Ramon Vega s’est déclaré candidat. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 18 novembre, pour une élection en mars 2027.

Président de la FIFA depuis dix ans, Infantino viserait un quatrième mandat. Son premier, entamé en 2016, a été jugé « incomplet » en 2023 pour ne pas compter dans la limite de trois mandats. Il met en avant des recettes estimées à 13 milliards de dollars sur le cycle qui s’est achevé avec le Mondial 2026, et environ 2,7 milliards promis aux fédérations pour 2027-2030, huit fois plus qu’il y a dix ans.

Ce qui lui est reproché

Ses critiques visent sa proximité avec Donald Trump, à qui il a remis en décembre 2025 le premier « prix FIFA pour la paix », ce qui a valu une plainte de l’association FairSquare devant la commission d’éthique. Ils dénoncent aussi le Mondial élargi à 48 équipes et un projet, abandonné, de société commerciale ouvrant la Coupe du monde à des investisseurs privés.

Les soutiens ont bougé. En avril, la confédération africaine et la confédération asiatique annonçaient le soutenir, soit 101 voix sur 211. Début octobre, l’AFP fait état d’une opposition de l’UEFA, de la Concacaf et de la confédération asiatique.

Les arguments pour

  • Des recettes record qui financent le football dans les petits pays La FIFA a engrangé environ 13 milliards de dollars sur le dernier cycle et promet 2,7 milliards aux fédérations pour 2027-2030, huit fois plus qu’il y a dix ans. Pour beaucoup de fédérations d’Afrique ou d’Asie, cet argent paie terrains, formation et compétitions de jeunes.
  • Un Mondial à 48 équipes ouvre la compétition à davantage de pays Le passage de 32 à 48 sélections, très critiqué par ailleurs, donne à des nations qui n’y accédaient presque jamais une chance de jouer une Coupe du monde, avec les retombées sportives et financières qui vont avec.

Les arguments contre

  • Sa proximité avec Donald Trump fragilise l’indépendance de la FIFA En décembre 2025, Infantino a remis au président américain un « prix FIFA pour la paix » créé pour l’occasion. L’association FairSquare a saisi la commission d’éthique : une instance sportive mondiale qui distingue un chef d’État en exercice prend parti en politique.
  • Un quatrième mandat contourne l’esprit de la limite à trois En jugant « incomplet » son premier mandat, la FIFA lui a permis de viser un mandat de plus que la règle ne semblait l’autoriser. Après dix ans de pouvoir, il pourrait rester à la tête du football mondial jusqu’au début des années 2030.
  • Une élection sans vrai concurrent ne l’oblige pas à défendre son bilan Avec le retrait de Victor Montagliani, seul Ramon Vega s’est déclaré face à lui, alors que l’UEFA, la Concacaf et la confédération asiatique s’opposent à sa réélection selon l’AFP. Sans adversaire solide, le débat sur sa gestion risque de ne pas avoir lieu.

Sources

Sondage clos le .

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