L'Union européenne a-t-elle raison de rouvrir Erasmus+ et ses fonds à la Hongrie ?

· Europe et international

Le Conseil de l'UE a mis fin le 13 octobre au mécanisme qui gelait des fonds européens destinés à la Hongrie depuis 2022, rouvrant Erasmus+ et Horizon Europe et débloquant une première tranche de 4,2 milliards d'euros.

Le Parlement hongrois au bord du Danube, à Budapest, vu en journée
Photo : Ervin Lukacs / Unsplash (licence Unsplash), Budapest, recadrée

Le contexte

Après plus de quatre ans à l'écart, les étudiants et les chercheurs hongrois retrouvent Erasmus+ et Horizon Europe. Le 13 octobre, le Conseil de l'Union européenne a mis fin au mécanisme de conditionnalité activé contre la Hongrie en 2022. Une première tranche de 4,2 milliards d'euros doit être versée dans les prochaines semaines ; le reste des 16,4 milliards négociés entre Ursula von der Leyen et le Premier ministre Péter Magyar pourrait suivre d'ici la fin de l'année, si Budapest poursuit ses efforts en faveur de l'État de droit.

Pourquoi l'argent était bloqué

En 2022, Viktor Orbán avait placé les 21 universités publiques du pays sous la tutelle de fondations privées jugées opaques, où siégeaient plusieurs de ses proches : c'est ce qui avait fermé Erasmus+ et Horizon Europe aux établissements hongrois. D'autres procédures européennes visaient les politiques de son gouvernement sur les droits des personnes LGBT+, les demandeurs d'asile et les conflits d'intérêts.

Ce qui a changé

Péter Magyar a remporté les élections à la mi-avril 2026 et gouverne depuis le 9 mai. Il a adopté plusieurs mesures anticorruption pour mettre fin à l'emprise du clan Orbán et relancer le dialogue avec Bruxelles. Le 23 septembre, la Commission a estimé que la Hongrie avait « corrigé des faiblesses » dans quatre domaines : les marchés publics, la lutte contre la corruption, la prévention des conflits d'intérêts et l'efficacité des poursuites judiciaires. Pour Ursula von der Leyen, « les réformes produisent des résultats ». Les Vingt-Sept ont validé la proposition.

Le choix posé est celui du rythme : récompenser dès maintenant un gouvernement élu depuis cinq mois sur la promesse de rompre avec le passé, ou attendre que les réformes aient fait leurs preuves avant de rendre l'argent.

Les arguments pour

  • Les étudiants et les chercheurs ne doivent pas payer pour un gouvernement battu Les universités hongroises étaient exclues d'Erasmus+ et d'Horizon Europe depuis plus de quatre ans à cause de la mise sous tutelle décidée par Viktor Orbán. Celui-ci a perdu les élections : maintenir la sanction reviendrait à punir des jeunes et des laboratoires pour une politique que leur pays a rejetée dans les urnes.
  • Rendre l'argent par tranches récompense les réformes sans lâcher la pression Seuls 4,2 milliards sont débloqués maintenant ; le reste des 16,4 milliards dépend de la poursuite des efforts sur l'État de droit. La Commission a constaté des corrections sur les marchés publics, la corruption, les conflits d'intérêts et les poursuites judiciaires : le mécanisme a obtenu ce pour quoi il avait été créé.

Les arguments contre

  • Cinq mois de nouveau gouvernement, c'est court pour juger un État de droit rétabli Péter Magyar est en poste depuis le 9 mai. Des mesures anticorruption ont été adoptées, mais leur application dans la durée n'a pas pu être observée. Débloquer des milliards aussi vite revient à parier sur des intentions plutôt que sur des résultats vérifiés.
  • Une partie des griefs d'origine n'est pas réglée Les fonds avaient aussi été gelés en raison des politiques visant les personnes LGBT+ et les demandeurs d'asile. Les quatre domaines où la Commission reconnaît des progrès concernent les marchés publics, la corruption, les conflits d'intérêts et les poursuites, pas ces droits-là.

Sources

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