Une hausse du Smic d'une vingtaine d'euros nets par mois serait-elle suffisante ?

· Travail et protection sociale

Avant la conférence sociale du lundi 9 novembre, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, juge « important » d'essayer de faire passer le Smic au-dessus de 1 500 euros nets par mois. L'hypothèse évoquée est une hausse d'une vingtaine d'euros.

Gros plan sur une pièce de 2 euros montrant la carte de l'Europe et l'inscription EURO.
Immo Wegmann / Unsplash (licence Unsplash), recadrage 3:4

Le contexte

Le Smic mensuel s'élève aujourd'hui à 1 477,93 euros nets, soit 1 867,02 euros bruts. Après la journée de mobilisation du 5 novembre, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, réunit syndicats et patronat à Matignon le lundi 9 novembre pour parler salaires et pouvoir d'achat.

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a ouvert la porte à un coup de pouce. Il juge « important » d'essayer de « franchir la barre » des 1 500 euros nets, tout en prévenant que « rien n'est acquis ». Selon 24matins, l'hypothèse avancée est une hausse d'une vingtaine d'euros nets, peut-être dès le 1er décembre au lieu du 1er janvier.

D'après Les Echos, cités par LCP, franchir ce cap suppose une hausse d'au moins 1,49 %, dont un coup de pouce de 0,5 à 0,6 % au-delà de la revalorisation automatique de janvier. Le dernier coup de pouce date de 2012 : le Smic avait alors gagné 21,50 euros nets par mois, mais le coup de pouce lui-même se limitait à 0,6 %, selon Le Monde.

Les syndicats demandent beaucoup plus : 100 euros nets pour la CFDT, 10 %, soit environ 150 euros, pour la CGT. Côté patronat, le président de l'U2P, Michel Picon, qualifie une hausse du Smic de « catastrophe » pour les petites entreprises. L'intersyndicale décidera lundi, après Matignon, de la suite du mouvement.

Les arguments pour

  • Aller plus loin pèserait sur les petites entreprises Le président de l'U2P, Michel Picon, qualifie déjà une hausse du Smic de « catastrophe » et prédit « des milliers, des milliers et des milliers de fermetures de petites entreprises ». Le ministre du Travail veut, lui, une hausse qui n'affecte pas l'emploi.
  • Ce serait le premier vrai coup de pouce depuis 2012 Depuis 2012, le Smic n'a évolué qu'avec la revalorisation automatique. Le coup de pouce envisagé, de 0,5 à 0,6 % selon Les Echos, serait proche de celui de 2012, que Le Monde chiffrait à 0,6 %.

Les arguments contre

  • Vingt euros restent loin de ce que réclament les principaux syndicats La CFDT demande 100 euros nets, la CGT environ 150 euros, Force ouvrière un Smic à 80 % du salaire médian. Selon Les Echos, cités par LCP, sur une hausse d'au moins 1,49 %, le coup de pouce réel ne serait que de 0,5 à 0,6 %, le reste relevant de la revalorisation automatique de janvier.
  • Un geste jugé trop faible risque de prolonger la mobilisation L'intersyndicale prévient que seule « la réponse aux revendications » arrêtera la mobilisation, et décidera de la suite lundi après Matignon. Le 5 novembre, les syndicats ont revendiqué 1,6 million de manifestants.

Sources

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