Approuvez-vous la hausse du nombre de loups pouvant être abattus en 2026 ?
· Environnement et énergie
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé le 8 octobre que le plafond de loups pouvant être tués en 2026 passerait de 21 % à 23 % de la population estimée.
Le contexte
Au Sommet de l’élevage, en Auvergne, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé jeudi 8 octobre que l’on pourra abattre davantage de loups cette année. Le plafond doit passer de 21 % à 23 % de la population estimée « dans les prochains jours ». Elle a aussi indiqué que les loups non abattus une année viendraient s’ajouter au plafond de l’année suivante.
La France compte un peu plus d’un millier de loups, environ 1 082 selon le chiffre cité à l’Assemblée nationale en mai. Le plafond de 21 %, fixé par un arrêté de février, correspondait à 227 animaux. En 2025, environ 190 loups avaient été tués, sous un plafond de 19 %.
Des attaques toujours en hausse
Les éleveurs ont subi 4 400 attaques en 2025, 8 % de plus que l’année précédente, pour 12 500 animaux tués dans 61 départements, selon les chiffres donnés par la ministre aux députés. Le loup a perdu une partie de sa protection en Europe : depuis juin 2025, la directive européenne sur les habitats le range parmi les espèces dont le prélèvement peut être encadré, à condition que son état de conservation reste favorable.
Les syndicats agricoles ne voient pas l’annonce du même œil. La FNSEA s’en réjouit tout en dénonçant un retard. La Confédération paysanne regrette l’absence de mesures pour protéger les troupeaux, comme les filets, les chiens ou le gardiennage, et voudrait confier les tirs à des brigades spécialisées. Certains départements alpins réclament un plafond de 30 %.
Les arguments pour
- Les attaques contre les troupeaux continuent d’augmenter En 2025, les éleveurs ont subi 4 400 attaques, 8 % de plus qu’en 2024, et 12 500 animaux ont été tués. Soixante et un départements sont touchés. Pour ceux qui perdent des brebis chaque été, pouvoir tirer davantage est une réponse directe à une pression qui s’étend.
- Avec plus d’un millier de loups, l’espèce peut supporter quelques dizaines de tirs de plus La population est estimée à environ 1 082 loups. L’Union européenne a assoupli sa protection en 2025 parce que l’espèce s’est rétablie, et le gouvernement présente ce plafond comme compatible avec un état de conservation favorable, que la France reste tenue de garantir.
Les arguments contre
- Abattre plus de loups ne remplace pas la protection des troupeaux La Confédération paysanne regrette qu’aucune mesure n’accompagne l’annonce pour financer filets, chiens de protection ou bergers. À l’Assemblée, des députés de gauche réclamaient déjà plus d’aides à la protection plutôt qu’un relèvement des tirs.
- Les tirs déjà autorisés n’ont pas empêché la hausse des attaques En 2025, environ 190 loups ont été tués, et les attaques ont pourtant progressé de 8 %. Ces chiffres ne prouvent pas que les tirs sont inutiles, mais ils montrent qu’ils ne suffisent pas à eux seuls à faire baisser les dégâts.
Sources
- Relèvement imminent du quota de loups qu’il sera possible d’abattre en 2026, Sud Radio (AFP) (2026)
- Attaques de loups : l’Assemblée facilite les tirs pour protéger les élevages, LCP (2026)
- InfoLoup n° 44 : évolution du statut du loup et nouveau cadre réglementaire 2026, Préfet coordonnateur du plan loup, DREAL Auvergne-Rhône-Alpes (2026)
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